HIS 3.2 société

cours confiné du mardi 12 mai 2020 :

et là la correction tant attendue des exercices donnés ci dessous la semaine dernière : CORR exos en ligne

voilà donc ce qu’on va en retenir… vous pouvez vous aider du manuel également, aux pages 114 et 120 (pour le cours..).
Les étapes exercices sont notées en gras…
L’objectif est de consacrer les 2 heures à faire le cours et les exos.. il y en a certains notés « facultatifs ».. vous savez ce que ça veut dire.. Mais comme il y a des élèves plus intéressés que d’autres n’hésitez pas !
Pendant ce temps le prof convoque des groupes d’élèves pour échanger sur les docs du cours dernier….restez donc branchés sur ED !
Bon travail

PERMANENCES ET MUTATIONS
DE LA SOCIETE FRANCAISE

HIS 3.2

La fin du XIXe siècle jusqu’à la guerre de 1914 voit l’affirmation de la France comme une puissance industrielle dans le contexte politique de l’affirmation de la République. Si l’on étudie en Histoire les différents aspects d’une période, il ne faut jamais oublier que les contemporains vivent tout en même temps : croissance, chômage, racisme, nationalisme… On le retrouve particulièrement dans la question de l’immigration où ces étrangers sont attirés et parfois appelés par les industriels devant une pénurie de main d’œuvre et qui font, parfois violemment, les frais d’un nationalisme en construction… La société française commence à changer , mais lentement ! Le monde rural reste dominant : on l’a vu en politique avec les élections de 1871, c’est confirmé avec la création d’une république qui s’exerce d’abord et avant tout autour de la mairie : le monument devient le symbole de cette IIIe République qui se construit, associée à l’école de filles et de garçons. On insistera ici d’abord sur les questions en lien avec l’industrialisation : la suite de son développement et de ses conséquences sur la population. Pour garder un minimum d’équilibre dans le propos, les question industrielles sont séparées des questions sociales. Les lenteurs de cette société sont évoquées dans un troisième temps.

PLAN

I – L’industrialisation
1 – une « seconde révolution industrielle » ?
2 – innovations et entreprises

II – les conséquences sociales
1 – société et classe ouvrière
2 – conflits et tensions

III – le maintien des cadres traditionnels
1 – un pays de paysans ?
2 – la place des femmes


I – L’industrialisation
1 – une « seconde révolution industrielle » ?

La période comprise entre 1870 et 1914 est celle de l’affirmation de l’industrie en France dans le cadre de l’accélération de l’industrialisation. Autrefois, les historiens de l’économie appelaient cela la « seconde révolution industrielle »… On voulait signifier par là la différence entre ce qu’il s’était passé entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe (la « première révolution industrielle ») qui avait été marquée par le développement de l’industrie textile, la machine à vapeur (qui permet le train, puisque une locomotive c’est une machine à vapeur qui fait tourner des roues sur des rails…), l’utilisation du charbon, et de la fonte plus que de l’acier qui n’est répandu que pendant la deuxième moitié du XIXe…
Le « seconde révolution industrielle » ou plutôt l’accélération de l’industrialisation fin XIXe-début XXe a d’autres éléments : l’acier est fondamental, l’électricité révolutionne les manières de produire et de vivre, le moteur à explosion permet l’invention et le développement de la voiture et de l’avion…les premières automobiles datent des années 1880, le premier vol d’avion est attribué aux frères Wright en 1903… A chaque fois, la France n’est pas loin…

Ce qu’en dit un historien de l’économie…
En France le PIB, après avoir pratiquement doublé entre 1840 et 1874, plafonne au même niveau jusqu’en 1895… Cette dépression n’a pas affecté de manière identique toutes les branches de l’économie. Particulièrement sensible dans l’agriculture, l’industrie linière, les industries du bois et les industries alimentaires, elle a permis en revanche, l’essor de la chimie, de l’électricité et de la sidérurgie. Surtout, les progrès techniques et l’abaissement considérable des coûts de transport maritime ont fait perdre à de nombreuses industries traditionnelles des « rentes de situation » (avantage acquis depuis longtemps qui se comprend ici comme le fait que telle ou telle industrie localisée ici ou là pensait ne jamais devoir se battre pour distribuer ses produits… Les exemples concrets suivent.) qui les faisaient survivre. C’est la mort du tissage manuel à Reims, de la bonneterie à Troyes, de la ganterie à Grenoble, de l’armurerie à Saint-Etienne, de la métallurgie en Franche-Comté et en Dordogne. Partout les investissements diminuent tandis que les entreprises réduisent leur personnel de manière drastique.(…) En France, au milieu des années 1890, sans que l’on y prenne garde et sans que l’on puisse repérer le premier « moteur » de la reprise, tout était progressivement reparti à la hausse, les salaires des ouvriers de l’industrie houillère en 1895, les prix et le commerce extérieur en 1896, le PIB et la Bourse en 1897…article de J. Marseille 1873-1929-1993 La crise économique est-elle cyclique ?, L’histoire n°172, dec 1993, p. 42-43 (extraits)

Après la « grande dépression » (1873-1893), l’économie française a retrouvé sa vitalité. La croissance de son PIB est même légèrement supérieure à celle de la Grande Bretagne et de l’Allemagne. Même si l’industrie française est peu concentrée (en 1906, 49% des ouvriers travaillent dans des établissements de moins de 5 salariés) des industriels novateurs font preuve d’un réel dynamisme. Le textile est un ancien domaine industriel, développé depuis presque un siècle à l’époque. Représentant 30% de l’activité industrielle, elle arrive à bénéficier des progrès de la chimie (invention de la rayonne en 1884). L’automobile (Panhard, Peugeot) l’électro-métallurgie, l’aluminium, les fabrications électro-mécaniques, le caoutchouc connaissent une très forte croissance. Ce dynamisme s’exprime pleinement en 1900 lors de l’Exposition Universelle de Paris.

2 – innovations et entreprises

=> étude de document : L’industrialisation entre la technique et le marché

D’abord, en vous aidant des p 204 et 205, présentez ce que sont les expositions universelles, et particulièrement celle de 1900.
Ensuite :
texte à étudier => aluminium 1900
consigne : En quoi ce document nous permet-il de comprendre que l’industrialisation n’est pas qu’une affaire technique mais qu’elle associe innovations et commercialisation ?

=> étude de document : un exemple français particulier : Schneider

Faisons le point sur les transformations du Creusot par la famille Schneider : les questions 1 à 4 p 203 vous permettent de récolter des informations pour rédiger un petit texte de présentation sur ce sujet…(300 mots maxi) vous pouvez également vous aider de la question 5…..

II – les conséquences sociales
1 – société et classe ouvrière

L’industrialisation, dès ses débuts, a provoqué des changements dans la société. C’est encore le cas à la fin du XIXe. Celles sur lesquelles on insistera peu sont comprises dans la démographie et ses conséquences sur l’urbanisation. Les populations augmentent à la fin du XIXe… assez lentement en France d’ailleurs, qui a opéré sa transition démographique en avance.. Du coup les villes croissent, mais assez lentement et les campagnes restent, début XXe, le lieu de vie de la majorité de la population française.. Mais le pouvoir se concentre en ville, comme toujours, et le pouvoir, politique comme financier, devient du plus en plus fort avec les changements économiques…

Le développement de la bourgeoisie à la fois commerçante et dans la fonction publique, la constitution d’une classe d’entrepreneurs de différentes tailles mais surtout la multiplication de la classe ouvrière.
Le monde des classes moyennes est complexe : près de 5 millions de Français en font sans doute partie à la veille de la guerre (sur plus de 41 millions). Boutiquiers, artisans, petits patrons, petits fonctionnaires, employés, professions libérales.. Ils ont le souci de la respectabilité, considèrent l’épargne comme un devoir et concentrent l’essentiel de leurs efforts à assurer la promotion sociale de leurs enfants.
Ainsi, pour Zola en 1881 : « Par ce mot bourgeoisie, j’entends surtout cette classe vague et nombreuse, qui va du peuple aux intelligents et. aux riches de ce monde. Ce sont les employés, les petits commerçants, les petits rentiers, tous ceux qui s’agitent dans des situations médiocres, et qui se battent furieusement. pour la maigre satisfaction de leurs appétits. » La « grande bourgeoisie » se considère volontiers comme le sommet de la société. Souvent liée à l’aristocratie comme le montre la généalogie des Schneider (1 p 202), elle mêle hommes d’affaires, grands propriétaires et gros rentiers.
Les ouvriers sont environ 5 millions et demeurent un monde encore peu intégré à la société. Du travailleur de l’artisanat proche du patron à celui de la grande usine encadré par des contremaîtres, la diversité ouvrière est grande. L’éventail des salaires entre un manœuvre de l’industrie chimique en province et un contremaître de l’industrie mécanique à Paris va (en 1900) de 1F/jour à 12… Malgré une lente réduction de la journée de travail, 12 h en général, 10 pour les femmes en 1900, 8 pour les mineurs de fond en 1905, la condition ouvrière reste dure. Pas de congés payés, les retraites ouvrières sont faibles et peu de travailleurs atteignent l’âge d’en bénéficier. La législation sociale française reste en retard sur celle de l’Allemagne ou de la Grande Bretagne.

=> étude de documents (lecture de journal de 1892… facultatif, par manque de temps.. recommandé à celles et ceux qui vont vite)
Avec les deux articles suivants (qui restent dans l’exemple du Creusot) présentez les éléments de ce que le journaliste appelle la « Question sociale »….
texte : figaro question sociale 2 textes
pour aller plus loin (si c’est possible et tentant, allez sur gallica pour consulter les trois numéros de l’enquête qui concernent directement Schneider : ceux des 3, 6 et 10 aout 1892… le premier est là : Figaro enquête J Huret 1892 )

2 – conflits et tensions

Les ouvriers français sont souvent combatifs mais assez peu syndiqués : on compte environ 1 million d’ouvriers engagés en 1914. La fusillade de Fourmies montre la capacité de mobilisation dans une ville qui ne semblait pas prédisposée à ce genre d’agitation. Le 1er mai est une journée de revendication internationale des travailleurs depuis 1889 qui a pour but de commémorer une manifestation réprimée dans le sang aux USA. En 1891, les ouvriers attendent la journée de 8 heures. Devant l’agitation ouvrière la troupe tire : 9 morts dont 4 femmes et un enfant….

=> étude de documents sur la fusillade de Fourmies
Répondez aux questions 1 et 2 p 211 pour pouvoir expliquer ce qu’il s’est passé à Fourmies le 1er mai 1891 et en quoi cet événement est devenu un symbole pour les ouvriers. Vous pouvez aussi utiliser ça : https://histoire-image.org/fr/etudes/1er-mai-1891-fusillade-fourmies

Un dernier aspect des tensions qui existent dans la société française et particulièrement dans les catégories les plus défavorisées avec la question de l’immigration. L’historien française spécialiste de ces questions est Gérard Noiriel qui a publié voilà une dizaine d’années une « Histoire populaire de la France », dans la perspective du même style d’ouvrage publié par H. Zinn sur les Etats-Unis… Cet entretien permet de faire le point et de relever les traits principaux concernant l’immigration.

=> étude de documents : entretien de G. noiriel, 2010
texte : entretien l’histoire Noiriel immigration 2010 extraits (1)
consigne : Quelle est la place des étrangers en France à la fin du XIXe ? Distinguez les questions socio-économiques et les questions d’identité nationale.

=> pour aller plus loin….documentation sur l’immigration pour ceux qui seraient passionnés (donc.. facultatif) :
– la suite de l’article de Noiriel sur les liens entre immigration et identité nationale : entretien l’histoire Noiriel immigration 2010 extraits (suite)
– le site du musée de l’immigration : https://www.histoire-immigration.fr/ressources/histoire-de-l-immigration/des-dossiers-thematiques-sur-l-histoire-de-l-immigration

III – maintien des cadres traditionnels
1 – un pays de paysans ?

La population rurale est encore majoritaire au début du XXe s (56% en 1911). La France ne compte que 16 villes de plus de 100.000 habitants. Les exploitants propriétaires ou fermiers côtoient les ouvriers agricoles qui ont des conditions de vie encore précaires. Les rendements moyens restent faibles. La petite propriété domine dans le sud, l’ouest et en Bourgogne : la polyculture domine. Même si de grandes exploitations se sont développées dans l’ïle de France et le Nord, pratiquant la monoculture, la France accuse un retard technique important. La concurrence internationale fait baisser les prix des céréales, particulièrement entre 1875 et 1895. Dans les années 1870-1880, la viticulture est ravagée par le phylloxera : des milliers d’hectares de vigne disparaissent et la solution prend du temps à partir de vignes américaines, résistantes au puceron destructeur, qui servent de porte-greffe. Malgré les mesures protectionnistes de 1892 et la création du Crédit Agricole en 1899, la première décennie du XXe siècle est marquée par une agitation paysanne importante surtout dans le sud (crise en Languedoc 1907).

2 – la place des femmes dans la société française

En 1882, les lois Ferry instaurent l’enseignement obligatoire pour les garçons et les filles. Mais il faut attendre 1924 pour que les programmes abordés soient les mêmes ! Si la Révolution avait proclamé le droit au divorce, le premier empire l’avait très rapidement retiré. Ce n’est qu’en 1884 que le divorce est rétabli. Les femmes mariées ne peuvent disposer de leur salaire qu’à partir de 1907 : c’est la première brèche dans le monopole masculin imposé par le Code Civil.[pour bien comprendre la situation de dépendance des femmes : la loi française autorise une femme à travailler sans autorisation de son époux et à ouvrir un compte en banque à son nom…en 1965].
Si la femme est toujours symbole de pureté, affichée comme telle dans toutes les représentations de la République, elle n’en reste pas moins inférieure en droit. Les actions féministes restent marginales, s’exprimant essentiellement dans la société urbaine.

=> étude de documents : toutes question p 212