HIS 4.3 sortir

SORTIR DE LA GUERRE

I – la guerre et la paix
1 – Bilan

Les pertes humaines sont inimaginables et inédites. Plus de 8 millions de morts, 6 millions d’invalides. La France perd 1,3 millions de tués et disparus, ce qui correspond à 10% de la population active masculine, 3 millions de blessés. On ajoute à cela les morts dus aux mauvaises conditions d’hygiène, aux privations et à la grippe espagnole de 1918. Le déséquilibre entre hommes et femmes se creuse.. Des femmes voilées de noir prennent l’habitude de se rendre régulièrement dans les cimetières. Des villages entiers sont abandonnés avec la mort de la plupart des hommes. La ponction sur le monde rural est énorme comme le montrent les monuments aux morts des villages.
La guerre a entraîné également un déficit des naissances. Ces « classes creuses » arrivent à l’âge adulte au moment où se déclenche la seconde guerre mondiale…

Les destruction sont là aussi sans précédent. Les zones des champs de batailles sont particulièrement touchées, parfois devenues inutilisables. En France, dans la « zone de mort » déterminée par le géographe A. Demangeon, de quelques 500km de long sur 10 à 25 de large, il a fallu 16 ans pour reconstruire ce que 4 années de guerre ont détruit.

Financièrement, l’Europe est ruinée. Elle se reconstruit en multipliant les emprunts. Les Français comptaient sur les réparations que devaient payer l’Allemagne. Rapidement celles ci deviennent caduques, d’autant plus après la crise de 1929… La croissance économique reprend, malgré quelques soubresauts de crise lors de la reprise en 1919-1920.

2 – construire la paix

questions 1 à 4 p 321
questions p 317

II – la fin de la guerre ?
1 – un nouveau monde ?

– Des empires abattus : quelle est la situation décrite par l’historien R Gewarth : extrait Les vaincus

– Des métropoles discréditées : question 1 et 2 p 325

– Des réfugiés par milliers : questions 1, 2 et 3 p 327

2 – les enjeux mémoriels

– Enjeux politiques immédiats : les monuments, les commémorations….
questions 1 à 4 p 331
=> Après la guerre, les commémorations ont pour but de célébrer le sacrifice des soldats-citoyens morts pour leur patrie mais aussi de donner un sens, entièrement national, à ces disparitions. On retrouve là le type des célébrations républicaines organisées depuis le début de la IIIe République. Mais comme la moitié des morts ne peuvent être identifiés, les belligérants adoptent le rituel du soldat inconnu, mort au combat et dont l’identité ne peut être retrouvée. Il est un symbole sur lequel se focalise ceux et celles qui ont perdu un proche et dont le corps n’a pu être retrouvé (reconstitué ?) et identifié. Cette solution montre bien la violence de l’emploi des techniques de feu issues de l’industrialisation des combats… L’Etat crée une mémoire collective qui donne du sens à l’absence et cherche à réunir tous les Français autour de la Nation.

– Enjeux sur le long terme : mémoire de la guerre, mémoire des poilus.
quels sont les enjeux actuels de la mémoire de la première guerre mondiale. Retrouvez ces enjeux dans les trois documents ci-joints : enjeux mémoriels
=> Deux documents portent sur les travaux de N. Offenstadt sur les pratiques mémorielles. L’historien met en évidence un regain d’intérêt pour la guerre de 14-18 là où on aurait pu penser, voilà une trentaine d’années que son souvenir pourrait s’estomper. Ce renouveau tient selon lui à deux causes essentielles, un intérêt pour le passé de manière générale et des questions plus personnelles et familiales; Les itinéraires personnels rejoignent aiinsi la « grande Histoire » et les plus jeunes s’intéressent à ce que les ancêtres ont vécu, et parfois aux conséquences sur la famille et la descendance… Offenstadt insiste donc sur l’intérêt renouvelé que, pour une raison ou pour une autre, les Français portent à la guerre et ceux qui l’ont vécu. Le troisième document est un extrait d’une brochure de la mission du centenaire en rapport avec les pratiques pédagogiques. On peut dégager les objectiifs de l’institution scolaire : donner du sens d’abord aux événements et à la mort de ces millions d’individus; c’est la compréhension évoquée, mais aussi celle de l’héritage, pour que les traces laissées par la guerre et sa mémoire soient encore comprises aujourd’hui. La question du « partage » repose sur la pluralités des mémoires, à la fois des individus, mais aussi des groupes dans la société. les femmes, les enfants, les jeunes non mobilisés, les soignants, les différents peuples colonisés, n’ont pas vécu la même guerre que les combattants de Verdun ou de la Marne. Cela permet à chacun, aujourd’hui, de se retrouver comme inclus dans la mémoire nationale.