Social s1

La question était simple : En quoi le Covid a fait explosé la société française ? Bien sur le choix du terme « exploser » était un peu exagéré mais a été repris par les élèves qui, majoritairement, juge négativement les événements de cette crise sanitaire.
Le quart d’heure de débat fait ressortir de nombreux constats très proches de ceux que l’on constate dans l’opinion qui ressort des médias classiques. Mais on doit tout d’abord déplorer une confusion des deux domaines économique et social… Bien sur tout n’est pas clair.. Où mettre le chômage ? C’est typiquement le phénomène entre les deux, confirmant que le prof qui fait l’un fait forcément l’autre… Mais d’un autre côté, il faut bien distinguer ce qui est de l’ordre de l’activité économique et de l’état de la société. Dans le cadre du covid, oui, les choses sont mêlées puisque les Etats ont arrêté artificiellement l’activité économique ce uqi a bouleversé non seulement ce domaine mais également la société…. faisons le point

A – la question de la violence… Elle est présente à peu près partout. violence familiales, violences conjugales, associées ou pas aux séparations et divorces. Mais également agressions, violences en rapport avec le port du masque, la violence comme mode d’expression d’un mécontentement ou plus simplement les incivilités. On évoque aussi les violences policières et les violences à propos de produits alimentaires.

B – D’autres remarques me semblent plus nettement en lien avec la détérioration du lien social, même si on ne le définit pas… Un comportement plus méfiant, paranoïaque, la domination de la peur, le manque de solidarité, et, en lien avec ce qui a été dit juste avant, l’égoïsme devant les pénuries, un repli sur soi dans les transports en commun… On constate que les échanges sociaux diminuent et/ou se transforment comme nos modes de vie. Sans doute l’annonce d’un réel changement profond dans nos vies futures, en tout cas une reconstruction nécesssaire…. La question du respect des règles ressort à plusieurs reprises, comme l’attitude nécessaire, et non forcément suivie par la majorité de la population. On évoque la disparition des libertés, la perte des repères.

C – Si la société n’est définie qu’une fois (sur 60) on constate que la distanciation est l’inverse de la socialisation (qui elle n’est pas définie..). Les élèves captent le paradoxe entre des décisions sur le comportement à adopter qui casse les liens sociaux pour maintenir les personnes loin de la maladie. On rappelle la rhétorique de la guerre (employée en France mais pas seulement). Prendre soin de soi et des autres devient un devoir citoyen : le repli pour protéger la société… Les remarques sur les progrès de l’isolement sont nombreuses : isolement des individus, réduction de l’humain à l’individu et sa santé, l’isolement des banlieues, chacun vivant son expérience… Autant de directions qui renforcent les inégalités, les disparités puisque chacun est renvoyé à lui même, chez lui… Bien sur certains soulignent l’occasion de tisser ou re-tisser des liens avec des membres de la famille, ce vivre ensemble obligatoire qui a pu avoir des conséquences positives sur le moral qui, malgré tout, dans l’ensemble a plongé et reste toujours bas….

D – on réfléchit aussi sur ce qui fait le lien entre nous, beaucoup en famille, mais aussi avec d’autres, confrontés aux individus-masques, réconfortés quand on les enlève… Le lien fut maintenu pendant le confinement avec les moyens techniques actuels : de nouveau mode de communication se diffusent par les réseaux sociaux, les visio, le télétravail.. Tout en accentuant les inégalités. Mais certains signalent le règne sans partage de la télé, qui peut faire penser aux événements sidérants qui scotchent les citoyens devant leur téléviseur… Ce qui permet parfois d’évoquer le rôle des médias, des fausses informations et de la peur qu’elles provoquent.

E – on évoque à l’occasion un regain de solidarité, d’entraide, le rapprochement entre les gens à l’occasion du confinement… C’est l’exact inverse que d’autres soulignent avec justement le recul de l’entraide, le progrès de l’égoïsme. On touche, me semble-t-il, à la réalité concrète de la société : chacun voit midi à sa porte. Ce qui peut provoquer les mécontentements visibles : manifestations politiques, anti-masques etc… Enfin plusieurs signalent les progrès de l’hygiène dans la société, ce qui pourra être mis au crédit des mesures sanitaires…

Les remarques des élèves des 2 classes correspondent aux idées courantes et répandues dans la société comme dans les médias. Au delà des remarques moralisatrices ou déprimées, on peut constater que la perception du fait social, de la société n’est pas toujours la même partout. Penser la société, c’est l’objet de la sociologie et certains ont des cours sur ce sujet… En EMC l’objectif est de penser la société dans la perspective du citoyen : c’est une perspective politique (polis=la cité) posée sur les faits sociaux et sociétaux… Ce qui reste intéressant dans la masse de réponses données c’est la correspondance avec le thème d’année : «  Le programme de la classe de première est construit autour du thème de la société. Dans sa définition communément admise, la société désigne une association d’individus organisée, sous l’égide d’un État, autour d’institutions communes (économiques, politiques, juridiques, etc.). En approfondissant le thème de la société, l’élève comprend que sa liberté se construit et s’exerce aussi dans l’espace social. Cette liberté se manifeste dans sa participation à différents lieux de sociabilité et groupes de référence. Elle est conditionnée par l’ensemble des règles, des codes et des usages qui régissent la vie commune. «