Liberté s1

LIBERTE SECONDES
sujet des échanges : « nos libertés ont disparu avec le covid »
Les réflexions sont nombreuses et reflètent bien les questions que tout le monde se pose. Dans ce qui a été écrit après le débat je retiens les choses suivantes :

A – la question de ce qu’est LA liberté et LES libertés… Il revient plusieurs fois (mais pas de manière majoritaire, la plupart des élèves n’ont pas eu le réflexe de définir ce qu’était la liberté…) que la liberté c’est « faire ce qu’on veut en respectant la liberté des autres et la loi ». « L’humain a besoin de liberté » lit-on ici… La privation de liberté entraîne un « renfermement sur soi »….

B – la question de la contrainte arrive très vite derrière. La limitation des libertés avec le virus est une opinion partagée par tous. On lit quelques nuances : « nos libertés changent », « nos libertés sont limitées » ou « restreintes »… Les raisons de ces contraintes sont connues et expliquées : c’est « pour la bonne cause », « pour nous protéger », « un mal pour un bien », « les libertés n’ont pas disparu, mais on a du renoncer à certaines pour le bien de tous ». Parfois les élèves vont plus loin « on a été puni de notre vie d’avant », « les libertés sont bafouées en général », « on est privé de notre vie habituelle, de notre confort », « on doit rester chez soi sous peine d’amende », « on risque de perdre nos libertés »…

C – le respect des règles apparaît… « j’ai l’impression de n’avoir qu’à obéir ». Mais on a conscience que le respect des règles imposées n’est pas toujours au rendez vous : « personne ne les respecte : à quoi bon »…? Le sens de l’obligation est questionné également : « le masque nous protège plus de l’amende que du virus »…

D – une autre thématique émerge, mais pas souvent, celle de l’information… on ne peut pas tout creuser, sauf à partir dans la liberté d’informer…

E – si plusieurs maintiennent que « on a toujours la liberté de penser et d’expression », liberté qui passe pour certains « par les réseaux sociaux », il apparait plus rarement qu’il y a une « restriction de la liberté d’expression avec les manifestations et le masque ». Constat un peu alarmant d’un élève : « je ne pense plus comme avant »…

F – la question de la distanciation sociale est bien abordée aussi, et rejoint la thématique de la liberté. La terminologie en débat depuis le printemps entre « distanciation sociale » ou distanciation physique » est reprise par plusieurs élèves. soit qu’on se demande « où est l’extrême ? » soit que l’on constate que « l’humain a besoin de contact ». Pour certains, « la distanciation sociale c’est se priver d’activité sociale alors que c’est une liberté fondamentale », on va même jusqu’à évoquer une « liberté sociale » qui n’est d’ailleurs pas définie… Ailleurs : « la sociabilité est une liberté », et on constate cette obligation « d’habitudes à faire disparaître comme les embrassades »… L’aspect négatif de la distanciation sociale c’est qu’elle signifie « qu’il est dangereux de se rencontrer ». Donc d’un côté « une perte de lien social, l’isolement » et de l’autre des violences domestiques qui viennent du fait que les familles se retrouvent « coincées » chez elles. Inversement, quand les cadres de la famille sont différents, d’autres estiment que le « confinement nous a donné du temps » et que, même, « on est devenu plus autonome », est-ce à dire que le confinement nous a rendu plus libre ?

G – une autre direction se dégage avec la peur diffusée de la contamination. C’est elle qui semble orienter notre vie sociale depuis le printemps et cela ressort dans les écrits : la « peur de transmettre aux grands parents ».. Et du coup la question se pose de savoir  » est-ce que je peux encore aider quelqu’un » alors que l’on peut transmettre ou recevoir le virus ? Ailleurs, on constate qu' »on devient moins solidaires »

Comme dit un élève, il est clair que « tout n’est pas rentré dans l’ordre »… Même si on peut se demander quel ordre ?.. En histoire on peut toujours se poser la question était-ce vraiment mieux avant ?.. Belle remarque d’un élève qui constate que « c’est dur de partager nos idées et de convaincre les autres »…

Toute cette réflexion préliminaire montre qu’on a du travail intéressant en perspective… DANS UN PREMIER TEMPS, il va falloir bien revenir sur la définition de la liberté et des libertés… A partir d’un principe, on a multiplié ses implications pratiques et sociales. Définir la liberté, cela peut prendre une vie et des milliers de pages. Au bout de plusieurs millénaires de vie en société, nous avons à notre portée un corpus important concernant cette thématique. Nos principes politiques s’appuient sur des textes plus récents, remontant surtout à la révolution française. Ce peut être une direction, mais ce sera sans doute un passage obligé…

ENSUITE, nous avons plusieurs sujets à creuser :
1 – vivre sans liberté – l’humain a-t-il besoin de liberté ?
2 – comment maintenir nos libertés ? les moyens existants – l’activité nécessaire –
3 – la liberté de pensée et d’expression – son étendue – ses moyens de défense – ses remises en cause – liberté d’échanger – liberté d’informer – liberté de s’informer
4 – peut-on faire disparaître les libertés ? Peut-il être légitime de réprimer les droits ?
5 – Sommes nous en dictature ??? étudier une dictature et comparer avec notre situation pour remettre les choses en perspective.
6 – les habitudes sociales doivent-elles être régies par les principes politiques (de liberté en particulier…) ?
7 – la technique nous rend-elle plus libre (réseaux sociaux, application stop-covid) ?