George Sand

DM premières, questions 1 à 6 p 90-91

1 – Dans le premier extrait, G Sand fait référence au fait que, après la Révolution de février 1848, les révolutionnaires ont voulu construire un nouveau régime, républicain. Pour cela les députés travaillent pour écrire une constitution. Elle est publiée le 4 novembre, largement inspirée des idées de Lamartine. Le texte (doc 4) écrit en avril 1848 est donc écrit pendant cette période de travail avant la rédaction de la constitution : « à la veille de faire une constitution ».
L’autre référence « néfastes journées de juin », fait allusion à la révolte des ouvriers en juin 1848, suite à la suppression des Ateliers Nationaux. les affrontements font plusieurs milliers de morts.

2 – Les revendications sociales et politiques de G Sand
Dans le doc 4, il s’agit d’idées démocratiques : un seul individu ne peut avoir raison. C’est de l’ensemble du peuple que doivent venir les principes de l’ordre et de l’autorité(souveraineté populaire).
Dans le doc 1, les idées sont féministes : les femmes doivent s’engager en politique. Mais le problème réside dans le fait qu’à ce moment là, la femme reste soumise dans tous les domaines à l’homme. Il faut donc d’abord l’égalité entre les sexes pour pouvoir obtenir l’égalité politique.

3 – George Sand participe aux combats du féminisme et du socialisme essentiellement par l’écriture. Le doc 1 est une lettre adressée à des responsables politiques. Le doc 4 est un article d’un journal que G Sand fait paraître, « la cause du peuple ». Son usage de l’écrit va au delà puisque même dans la préface d’un de ses romans elle en profite pour exprimer ses idées politiques (doc 5)

4 – La caricature est avant tout un dessin dont les traits sont exagérés pour faire passer une idée ou discréditer quelqu’un ou quelque chose… Ainsi dans le doc 2, les femmes mises en scène par H Daumier sont représentées dans une attitude totalement hystérique et presque inhumaine. Cet état est dû au fait que le divorce serait remis en cause. Le message est simple, les femmes tiennent au divorce au point de proclamer « la patrie en danger »… Cela discrédite complètement la revendication du divorce par les femmes. Dans ce cas, il est donc évident que la caricature est une arme politique, comme un discours !
Dans le cas du document 3, on est davantage perplexe comme le dit le quatrain associé… En effet, G Sand ne paraît pas avoir les traits exagérés. Le petit portrait de la p 90 pourrait même nous faire voir qu’il y a de la ressemblance. Elle est habillée en costume d’homme, ce qui ne nous est pas étranger mais doit être remis dans son époque… Un simple tour sur Google images au nom George Sand nous permet de ne voir que très peu de représentation d’elle en homme… Qu’elle fut habillée en homme ne fait pas de doute, mais cette femme habillée en homme est scandaleux.. Là réside sans doute la caricature.. même si elle s’accroche à une fait réel ! Son déhanché est peut-être exagéré. elle fume une cigarette à la main gauche, sa main droite accroche son col. Mais c’est le décor environnant qui insiste davantage sur l’exagération : « chambre des députées », alors qu’aucune femme ne siège, « chambre des mères » pour faire la critique de la chambre des Pairs, avec un jeu orthographique.. Comme si les mères pouvaient prendre la place des Pairs et que les féministes confondaient l’orthographe de Pairs et Pères…. Nous sommes en 1842, sous la monarchie de Juillet, les deux chambres (Députés et Pairs) existent…En bas se trouvent les textes de G Sand. Les nuages évoquent le rêve pour bien insister sur l’utopie du féminisme…. Bien sur le quatrain se termine par le fait que le génie est abstrait et qu’il n’a pas de sexe… est-ce à dire que le génie ne dépend pas du sexe ou que le génie n’a pas de sexe, dans le sens asexué, comme montre cette femme habillée en homme… Il faudrait alors comprendre que G Sand a peut-être du génie, mais elle n’a pas de sexe, donc ce n’est pas une femme… insulte suprême, mais un peu intello…. trouvé sur internet : « Le caricaturiste fait un portrait charge de George Sand pour attaquer son féminisme et tout ce qui scandalise son époque : elle s’habille en homme, elle fume, elle a choisi un pseudonyme masculin et elle écrit des ouvrages qui prônent l’égalité entre hommes et femmes ! » site d’un prof qui a tout compris…et la BNF commente cette image ainsi : « George Sand fume la pipe et a de nombreuses liaisons (Musset, Chopin, pour les plus connues). Elle s’habille avec des tenues masculines, pour leur confort et leur moindre coût et aussi parce qu’elles lui permettent d’investir les lieux publics réservés aux hommes.
Cependant George Sand n’a pas cherché à être comme un homme. Elle dira : « Je n’ambitionne pas la dignité de l’homme. Elle me paraît trop risible pour être préférée de beaucoup à la servilité de la femme. Mais je prétends posséder aujourd’hui et à jamais la superbe et entière indépendance dont vous seuls croyez avoir le droit de jouir. » »

5 – la valeur au coeur de l’engagement de G Sand est bien l’égalité. Dans le doc 1 il s’agit de l’égalité entre sexes. La femme ne peut pas exercer des droits politiques si son statut social n’évolue pas. Dans le doc 4 il s’agit de l’égalité entre les citoyens qui refoule donc le pouvoir de l’homme isolé.

6 – G Sand (1804-1876) est d’abord une écrivaine. Dès 25 ans, Aurore Dupin, selon l’état civil, prend un pseudonyme masculin et publie. Libre et passionnée, elle s’engage en politique dans les années 1840, sans que cela soit apprécié dans ce milieu exclusivement masculin. La Cause du peuple, le journal qu’elle crée après la révolution de 1848, relaye ses idées et tout d’abord l’égalité, mais également la justice sociale et la solidarité. Mais l’égalité qu’elle prône n’est pas seulement entre les hommes mais doit s’élargir aux femmes. Féministe avant l’heure, portant costume d’homme, elle doit affronter l’opposition toute masculine tant politique que littéraire (Daumier, Baudelaire). L’époque n’est pas prête à l’égalité des sexes comme le montre le portrait charge d’Alcide-Joseph Lorentz. Elle est proche des socialistes et défend une réelle égalité, entre citoyens et entre hommes et femmes. Malgré ses revendications d’égalité auprès des mouvements de gauche, ses idées n’arrivent pas à passer dans les décisions. La Réaction du parti de l’Ordre puis le second empire auront raison de son féminisme.

frontières et vidéo europe

ARTICLE REMANIE pour la cause du cours !!!
vous trouverez d’abord
I – quelques vieilles références vidéos sur l’EUROPE
puis
II – un extrait de l’ATLAS DES FRONTIERES plus bas…

I – Des vidéos pour comprendre l’Europe

Institutions

=> dans la série je fais un clip pour te dire comment ça fonctionne… mais y a pas un mot, faut lire en écoutant la musique.. bizarre pour la comm… https://www.youtube.com/watch?v=GyitSSz6gD0 avantage : ça dure moins de 2 minutes !!!!

=> simple et rapide sur les institutions législatives européennes, un peu vieux mais toujours valable : https://www.youtube.com/watch?v=76f8JAdJp-c

=> un peu d’histoire, rapide, CEE puis UE… https://www.youtube.com/watch?v=FhCHT2rFMzo

=> l’élection des députés européens en 2009 : https://www.youtube.com/watch?v=vOUkBwZKDCk

=> la question des groupes politiques au parlement européen : https://www.youtube.com/watch?v=q55nvnngRx0

=> une présentation des institutions européennes, simple et efficace : https://vimeo.com/168054545

la vision du triangle institutionnel se retrouve dans les présentations pédagogiques

=> la même chose par les vidéastes du Figaro : https://www.youtube.com/watch?v=0SBQw-05x3M

il n’utilise pas le triangle….

En général…

=> l’entretien du vieux Jacques Delors en 2013… http://www.touteleurope.eu/actualite/citizens-web-dialogue-notre-europe-jacques-delors-repond-en-direct-aux-questions-des-internautes.html c’est un acteur essentiel de la construction européenne… si vous avez la patience, c’est très intéressant, 2′ minutes… fondamental !

=> un entretien plus rapide du fils spirituel de Delors, Pascal Lamy en 2014 : http://www.touteleurope.eu/actualite/pascal-lamy-la-principale-faiblesse-de-l-economie-europeenne-est-le-retrecissement-de-sa-populati.html

Actu

la référence, le Dessous des cartes

=> sur l’euroscepticisme, filmé en 2014 : https://www.youtube.com/watch?v=vCBsJfxX65g c’est un tour de tout ce que fait l’Union Européenne.. histoire d’être au courant de tout ce que fait l’Europe plutôt que de la critiquer sans savoir…..quand JC Victor en avait marre d’entendre des critiques contre l’Europe…

=> sur les dangers menaçant l’Europe , filmé en sept 2015. Surtout de la Géopolitique ; ça remet ensemble les tensions d’un côté et le multilatéralisme nécessaire des pays européens : https://www.youtube.com/watch?v=1FAa7biuyog très intéressant car ça donne dans plusieurs chapitres du programme..

=> questions sur le droit du travail, filmé en 2016 (touteleurope.eu) http://www.touteleurope.eu/actualite/video-comment-reformer-le-travail-en-europe.html

sur la loi travail et des orientations actuelles de l’Europe à ce propos…. Un débat entre deux députés (LR et PS) mettant en évidence les nuances entre les deux… Bon c’est un peu mou et un peu long….

II – extraits de « L’Atlas des Frontières », B. Tertrais & D. Papin, Les Arènes, 2016

Comment se déroule « l’horogenèse » (Michel Foucher)c’est à dire le tracé des frontières ? Le plus souvent dans le sang […] Les frontières sont créées par
(1) l’issue d’une guerre classique entre Etats : traité de paix, acte de capitulation, armistice, cessez-le-feu..
(2) l’expansion territoriale, annexion ou partage
(3) l’indépendance (décolonisation ou sécession)
(4) les relations de bon voisinage, les frontières matérialisant alors souvent des droits dynastiques ou des propriétés terriennes
(5) l’arbitrage international
Quand aux frontières maritimes, elles sont définies de manière arbitraire (distance depuis la terre), mais en s’appuyant aussi sur la géologie (plateau continental) et l’hydrologie.

supports hydrographiques des frontières = 30% du total
supports orographiques (reliefs) = 25%
les autres frontières, 45% sont dites « artificielles ».. dont 25% de lignes droites (surnommées frontières « mathématiques »)

La question des frontières dites « naturelles » est discutable. Montagnes et cours d’eau sont plus aisément défendables, au moins dans les temps passés.
En France la notion de frontières naturelles s’est confondue avec un projet politique. Danton disait à la convention nationale en 1793  » Les limites de la France sont marquées par la nature, nous les atteindrons des quatre coins de l’horizon, du côté du Rhin, du côté de l’océan, du côté des Alpes »

Toutes les frontières sont artificielles, cela paraît évident pour les auteurs !

« Il n’y a pas de bonne frontière dans l’absolu, encore moins de frontière idéale, mais des frontières réelles qui sont soit reconnues de manière symétrique comme légitimes, soit présentent plus d’avantages politiques, stratégiques, économiques pour les uns que pour les autres, à un moment historique donné » (Michel Foucher)

Dans les temps anciens, les frontières , plutôt que des lignes claires, étaient des zones souvent floues, des espaces limitrophes. Les limites des empires étaient des confins ou des « marches ».. Les marqueurs signalaient une domination, mais pas une démarcation…
Le LIMES romain était exemplaire de cette conception ancienne, imposée unilatéralement. Il n’était ni continu , ni homogène.. Entre le Rhin et le Danube, le LIMES par excellence consistait en un réseau de routes parallèles et perpendiculaires à un rempart d’argile..
L’idée de borner son territoire ne va pas de soi… Le développement des frontières est en fait lié à l’émergence du monde moderne. Il commence au XVIIe siècle avec le traité de Westphalie (1648) dans lequel apparaissent les premières frontières négociées entre empires.. C’est sur les confins russo-turcs qu’on invente la délimitation frontalière entre Etats. Les frontières sont aussi contemporaines de la cartographie moderne….
Peu de frontières datent d’avant 1800. Depuis 1900, le nombre d’Etats a été multiplié par 5. Depuis 1945, on assiste à un véritable foisonnement des frontières : fin des empires puis fin du bloc de l’est. Environ 28000 km de frontières sont apparus depuis la fin de la Guerre Froide. Plus de 10% des frontières actuelles datent d’après 1990.

libre parole

Donner la parole aux gens, c’est un poncif de la politique ou de la pub, ce qui revient au même… on pourra en reparler plus tard… Les réseaux sociaux donnent l’impression de permettre une consultation directe…. ça me plait qu’à moitié…
Malgré ce, j’ai voulu donner la parole aux élèves pour qu’ils vous renseignent sur leur manière de vivre leur 1ere de la première année de la réforme…

La consigne était simple : vous les premières, présentez votre classe à ceux qui sont en secondes… avec un petit montage facile d’accès !

Ils étaient en groupe, donc l’émulation les a fait se lâcher, parfois…. Ils ont sans doute exagéré.. Ils n’ont pas toujours respecté l’orthographe.. Je pense malgré tout qu’au travers de ces avis vous percevrez que…
– on peut s’en sortir, c’est pas la mort.. dédramatisons donc ….!
– le choix est important malgré tout !
– on bosse plus, ce que, de mon côté de prof, je trouve ça très avantageux

à vous de voir :
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le front intra-coréen

Michel Foucher, Fronts et Frontières, un tour du monde géopolitique, Fayard, 1991, extraits p 314-316
La péninsule coréenne est le seul cas asiatique de division militaro-idéologique de type européen qui traverse une nation pourtant ancienne, unifiée dès le XIVe siècle. Le Yalu (fleuve du Nord de la Corée du Nord) est une très vieille frontière avec la Chine. […]
Les deux zones d’occupation issues de la seconde guerre mondiale devinrent deux Etats distincts après l’échec de réunification militaire au profit de l’Etat du Nord. La fixation de cette frontière-front a provoqué la perte d’au moins 5 millions de vies humaines : à la profondeur de la rivalité idéologique se sont ajoutées des conditions concrètes de cette guerre de Corée, menée dans une péninsule au relief coupé, au terrain montagneux sur 85% de sa superficie et où les enjeux correspondaient à des vallées rizicoles qui étaient et sont encore des passages obligés (…) lieux de combats acharnés hier et d’une surveillance obsessionnelle aujourd’hui.
La frontière intra-coréenne est en réalité composite : elle comprend une DMZ (demilitarized zone) large de 4 km, établie de part et d’autre d’une « ligne de démarcation provisoire » longue de 293 km (…) au delà de laquelle s’étend , au sud, une zone de défense de 50 km de profondeur.(…) Cette zone est l’une des plus militarisées qui soient, puisque s’y font face la 6eme et 7eme armées du monde (22 divisions au nord, 18 divisions au sud)(…)
Séoul se localise à moins de 40 km de la DMZ alors que Pyongyang en est à 150 km (…)
La situation coréenne diffère par bien des aspects de celle de l’Allemagne. Les relations entre les deux sociétés sont inexistantes, y compris par la radio.(…)

iran et populisme

à ne pas manquer ….
l’émission du dessous des cartes sur l’Iran :
https://www.arte.tv/fr/videos/083964-020-A/le-dessous-des-cartes-iran-au-coeur-des-tensions/
à visionner rapidement

toujours sur arte, l’intervention de Rosanvallon dans le 28 minutes de samedi… très intéressant sur l’évolution politique de ce personnage et sur son analyse de la société et de la démocratie….
version youtube : https://www.youtube.com/watch?v=vmqqn1sbX64
sur arte tv : https://www.arte.tv/fr/videos/090009-002-A/28-minutes-samedi/

Dans la dernière livraison de LA VIE, n°3880, un entretien de Regis Debray… Il y parle de l’écologie, de la société, de notre culture… et une petite pensée pour les réseaux sociaux :
« Quant aux réseaux sociaux, ils sont la démocratisation du procès. Tout le monde y met tout le monde en examen. On se fait justice soi même comme dans le far west. Ce retour au premier degré bulles groupales. Vraiment, il y a de la sauvagerie dans l’air ! »

corr DST HGSPG

sujets :
sujet 100120

Question quantité… Il me semble qu’à partir du moment -en 1ere – où vous arrivez à donner 2 paragraphes par parties, vous êtes crédibles (+ intro et CCL)… et dans l’ensemble vous l’êtes… mais heureusement que ce n’est pas un critère pour avoir la moyenne par exemple !

sujet I sur les USA, sujet zéro pour ceux qui ne l’avaient pas reconnu….
La problématique est une non-problématique… Vous voulez en formuler une autre ???? Comment se manifeste la puissance mondiale des USa aujourd’hui ??? ça vous va.. ? Ou bien « en quoi les Etats-Unis sont-ils toujours une grande puissance ? »…

Accroche de l’intro ? idées en vrac : la nouvelle frontière de JFK – 1961, un mythe encore aujourd’hui / les outrances de Trump depuis 2016 / le dernier star war ou les derniers disney 2019… tous les jours vous avez quelque chose sur les USA… vous n’avez que l’embarras du choix….
le plan proposé :
I – diplomatique et militaire (= Hard power)
II – économique et financier (= tout pareil)
III – culture (soft power)
en visant 2 paragraphes par partie :
I – diplomatique et militaire (= Hard power)
1 – l’armée des USA – GI – 1er budget du monde – intervention 2001-2003 – flottes américaines – pentagone – drones –
2- la diplomatie américaine – bien mise en évidence par Trump = face à la Corée – face à la Chine – face au monde entier : retrait UNESCO et accord sur le nucléaire iranien – ONU – 1er contributeur –
II – économique et financier (= tout pareil)
1 – 1ere puissance ou presque depuis environ 1 siècle – ex des GAFA à développer- concurrence chinoise mais 1ere place dans nombreux domaines – précédents historiques : GF et plan Marshall, accords de Bretton Woods –
2 – monnaie internationale – grand centre de finance – bourse de New York, Wall Street, indices Dow Jones et Nasdaq – puissance des CBD des métropoles US : Manhattan surtout avec gratte-ciel –
III – culture (soft power)
1 – la langue – l’anglais – favorise diffusion de produits culturels – langue internationale pour tous les domaines, surtout TIC…
2 – le cinéma – à la fois dans sa production (13% de la production mondiale de film, plus de 1700 films par an) mais également dans le fait que ça fait connaître les USA, et particulièrement NY.. paysages US qui deviennent familiers.

sujet II sur le soft power… il était dans le livre ou presque… p 128-129…
on vous y propose un plan, en fait celui qui était dans les consignes… que vous pouviez suivre, sans souci…. démonstration :
I – le soft power, un instrument privilégié pour affirmer sa puissance
II – les formes de l’affirmation du soft power
III – les plus puissants sont les plus performants dans son utilisation
vous pourrez voir sur le manuel ce qu’on vous propose… Vues vos copies, on doit faire attention à la quantité également… La plupart d’entre vous ne sont pas encore au top, mais on franchit déjà la feuille double, ce qui est déjà pas mal… Voilà ce qui serait faisable :
I – le soft power, un instrument privilégié pour affirmer sa puissance
1 – le soft pallie aux difficultés du hard power qui est parfois difficile à appliquer => échec US = retrait en IRak (2009), en Afghanistan (2011) , risque de crise (2008), les aléas humains, cf Trump incendiaires à la maison Blanche (depuis 2016)
2 – le soft power permet d’affirmer sa volonté sur les autres sans usage de la force ou de la contrainte… ex : multiplication des célébrations du nouvel an chinois dans le monde entier influence de la culture chinoise / accueil des étrangers, étudiants ou pas aux USA / force de l’Europe en Afrique et attraction vers l’Europe….
II – les formes de l’affirmation du soft power
1 – la langue
2 – arts et techniques
III – les plus puissants sont les plus performants dans son utilisation
1 – l’affirmation des USA par la puissance des GAFA entre autres….
2 – le soft power dans le cadre de OBOR…. puissance d’influence manifeste…

facebook, algorithme et démocratie

un extrait d’une lecture faite plus ou moins par hasard.. à réfléchir

https://jean-jaures.org/nos-productions/en-immersion-numerique-avec-les-gilets-jaunes consulté le 12/04/2019

Terminons cette note par deux pistes de réflexion, d’abord sur le rôle joué par les algorithmes de Facebook dans le succès du mouvement des « gilets jaunes », et ensuite sur les enjeux numériques et démocratiques de cette séquence politique.
Il faut rappeler que Facebook héberge des comptes individuels, des pages officielles et des groupes. Les pages sont gérées par des acteurs institutionnels : des médias, des partis politiques, des marques, des célébrités. On peut commenter les publications postées par le gérant de la page, mais pas en créer soi-même. Les groupes sont au contraire des rassemblements d’utilisateurs qui se retrouvent autour d’un intérêt commun. Ces groupes sont créés et gérés par des utilisateurs classiques, des membres du réseau comme les autres. N’importe qui, dès lors qu’il est inscrit sur le groupe, peut poster du contenu que tous les autres membres pourront voir. Pour résumer, on suit une page mais on participe à un groupe.
L’algorithme de hiérarchisation du contenu de Facebook a longtemps fait en sorte de mettre en avant les contenus produits par les pages. Mais, au lendemain de l’élection de Donald Trump, la plateforme américaine s’est rendu compte que ce modèle avait permis à celles qui diffusaient volontairement des fake news de gagner une audience significative et d’influer sur le résultat final du vote. À titre d’illustration, deux rapports publiés en décembre 2018 par la firme de cybersécurité américaine New Knowledge et l’Université d’Oxford ont calculé que les fausses pages créées par les services russes au cours de la campagne américaine avaient à elles seules engendré 76,5 millions d’interactions sur Facebook, contribuant ainsi à pourrir de l’intérieur le débat public.
Pour assainir la circulation de l’information et apaiser le débat en ligne, la firme de Mark Zuckerberg a donc décidé en janvier 2018 de changer son algorithme afin que les utilisateurs soient moins exposés aux contenus proposés par les pages et aient au contraire plus naturellement accès aux publications de leurs amis, de leurs voisins et des groupes Facebook dont leurs proches et eux-mêmes font partie. En encourageant ainsi un recentrage de l’information autour des gens qui nous sont intimement et géographiquement proches, Facebook souhaitait rassembler des communautés locales aux intérêts similaires, par nature moins susceptibles de se déchirer autour de polémiques issues des débats nationaux.
Le premier effet de ce changement d’algorithme a été positif car il a permis de faire significativement baisser l’audience des pages gérées par des propagateurs de fake news. Mais les effets négatifs sont nombreux. Les médias traditionnels, qui opèrent depuis des pages, ont vu ainsi s’effondrer leurs chiffres de fréquentation sur Facebook. Pour les cinq médias français traditionnels les plus suivis sur la plateforme, il a par exemple été constaté une baisse moyenne de 31 % des audiences entre mars 2017 et mars 2018. La conséquence logique de cette moindre visibilité des pages est également une plus grande exposition aux contenus publiés par ses amis, avec qui il est fréquent de partager les mêmes intérêts, mais aussi les mêmes opinions politiques. S’il répond à l’invitation d’un ami à rejoindre un groupe, l’algorithme fera en sorte que l’utilisateur soit prioritairement exposé aux publications qui en émanent.
Le lien entre ce changement d’algorithme et le succès viral des « gilets jaunes » est direct. Il suffit de s’inscrire dans deux ou trois de leurs groupes Facebook pour le constater : dès lors que l’utilisateur y est admis, 80 % de son fil d’actualité est désormais composé de publications issues de ces groupes. Plus rien d’autre ne semble exister dans le monde en dehors de l’actualité des « gilets jaunes » et des centaines de liens, de vidéos et de commentaires outrés auxquels l’internaute est exposé à chaque connexion. Celui-ci se retrouve alors prisonnier volontaire d’une bulle cognitive où tout concourt à renforcer sa détermination en l’isolant des informations discordantes et des avis opposés. Ce recentrage affectif et géographique dans la hiérarchisation de l’information sur Facebook est un tournant majeur. Que Priscillia Ludosky et Éric Drouet, les deux internautes à l’initiative de la mobilisation en ligne, soient originaires du même département ne doit rien au hasard. Ils ne se connaissaient pas : c’est le nouvel algorithme de Facebook qui, détectant des intérêts communs et une proximité spatiale, les a mis en contact. La propagation du mouvement en province a obéi à la même logique et au même mécanisme.
Pourquoi ce paramètre est-il fondamental ? Parce que la moitié des Français s’informent désormais uniquement sur Facebook. Les sites d’info en ligne sont consultés chaque jour par 16,7 millions de Français[52]. Sur Facebook, ce sont 22 millions de Français qui se connectent chaque jour, 38 millions chaque mois[53]. Si des bataillons numériques de journalistes, de scientifiques, d’experts et de politiques n’investissent pas en masse cette plateforme, et si Facebook ne prend pas d’initiatives ambitieuses pour favoriser la diffusion d’une information fiable et vérifiée, la vie démocratique française connaîtra le même problème qui s’est produit aux États-Unis lors de la campagne présidentielle de 2016 : un pan entier de l’électorat, accessible à toutes les manipulations, vivra sincèrement dans une réalité parallèle sur laquelle aucun fait établi, aucun chiffre contradictoire, aucun argument rationnel n’aura prise. La présidence Trump nous rappelle chaque jour depuis deux ans que le résultat d’un tel mélange est connu.
La seconde piste de réflexion pour l’avenir concerne les données collectées par Facebook sur les « gilets jaunes ». Un rapide examen des profils Facebook des simples membres de leurs groupes permet un constat : beaucoup ne parlaient pas de politique avant le déclenchement du mouvement. Si l’on remonte les historiques de publication, on trouve des photos de leurs enfants, de leurs animaux, de leurs voitures, de leurs motos. Rarement du contenu politique. Avec leur adhésion à ces groupes et au mouvement, des millions d’électeurs potentiels ont confié à la machine de collecte de données qu’est Facebook le secret de leurs colères, de leurs envies politiques et de leurs inclinaisons idéologiques.
Facebook, comme il l’a déjà fait par le passé pour d’autres cibles électorales[54] et puisque c’est le cœur de son métier, recoupera, classera et vendra ces données à n’importe quel acteur politique souhaitant cibler les « gilets jaunes ». Cela pourrait alors constituer le principal héritage de ce mouvement : l’arrivée sur le marché des données personnelles d’une frange supplémentaire de l’électorat, accélérant encore l’avènement d’une nouvelle ère démocratique où les candidats ne s’adresseront plus à des familles politiques ou à des groupes sociaux mais, via des discours fragmentés à l’extrême pour que chacun puisse entendre ce qu’il désire, à des individus. C’est déjà ce qu’il s’est passé au cours de l’élection présidentielle américaine de 2016 : la campagne de Donald Trump a ainsi su profiter du ciblage électoral extraordinairement fin offert par Facebook pour diffuser 5,9 millions de versions différentes de ses publicités, allant jusqu’à adapter et personnaliser la couleur des boutons sur lesquels les électeurs étaient invités à cliquer en fonction des préférences graphiques que la plateforme californienne avait pu identifier[55].
Le contrôle et l’accès aux données des électeurs sont ainsi devenu un aspect absolument essentiel des campagnes électorales modernes. Le Mouvement 5 Étoiles et sa plateforme internet « Rousseau » en est un autre exemple éloquent. C’est avec cet outil controversé de consultation et d’organisation militante[56] que le parti populiste italien s’est structuré. C’est en se basant sur les données qu’il récoltait sur les visiteurs du site qu’il a déterminé sa ligne politique et choisi ses candidats à l’investiture. En proposant aux « gilets jaunes » d’utiliser cette plateforme comme il vient de le faire, Luigi Di Maio, soucieux de déstabiliser Macron, ne s’y est pas trompé : il sait que, s’ils en ont l’ambition, les « gilets jaunes » pourraient avoir les moyens de s’installer dans la durée dans le paysage politique français. Le leader du Mouvement 5 Étoiles est en effet bien placé pour savoir qu’un mouvement populiste peut se mettre en ordre de marche. S’ils ont pour l’instant refusé son offre par souci de rester indépendants de toute force partisane, on notera toutefois que les « gilets jaunes » ont déjà créé leur propre site officiel, indispensable préalable à une éventuelle future structuration. Tout reste possible, et une seule chose est certaine : l’arrêt des défilés du samedi et l’évacuation des ronds-points ne devront en aucun cas être interprétés comme la fin du mouvement. L’opinion publique se lassera, les médias passeront à autre chose, mais Internet n’oubliera rien.

DM 201219 puissance américaine

Spé 1ere HGSPG
proposition de correction pour le Dm dont le sujet est là : DM puissance américaine

Le seul souci dans ce Dm c’est que chaque question était divisée en 3 questions.. Certains ont eu le réflexe de faire la question 1a, puis 1b, puis etc… Les autres se sont sans doute dit qu’un paragraphe pour chaque c’était bien suffisant… Beh non…

Tout à fait entre nous, je peux vous rassurer : quand vous avez entre 8 et 10, je ne m’inquiète pas pour vous, 16 ou 20 c’est excellent !… les autres je me demande si vous avez pris suffisamment de temps de réfléchir ou si vous prenez votre travail pour de la merde… Donc j’hésite entre incompréhension sincère ou négligence à vomir…

Voilà dans l’idéal ce que ça pouvait donner…

On ne vous demande pas de présenter les documents… On ne surcharge pas la copie, donc.. Mais pour la correction, je me permets…
doc 1 : extraits de revue de vulgarisation géopolitique – 2018 – article sur l’antiaméricanisme – F. Louis ( bonjour bel inconnu !) –
doc 2 : nombre de migrants, tableau stats, source ONU, au dessus de tout soupçon… pour nous en tout cas ! 2017
doc 3 : deux graphiques l’un sur le déficit (2019 – source US gvt)et l’autre sur le classement des pays exportateurs en 1999 et 2017 (source OMC)- DEFICIT, pour un Etat : solde budgétaire négatif = les dépenses publiques sont supérieures aux recettes publiques / DETTE : ensemble des emprunts contractés… Donc pour financer le DEFICIT, un Etat peut recourir à l’emprunt, donc augmenter sa DETTE…. Les deux sont corrélés comme on voit…
doc 4 : carte des cables et data centers.. source CARROUE, yeah !
doc 5 : extrait de manuel de Géo, 2016 à propos de la puissance US, hyperpuissance d’ailleurs comme le dit Védrine, signalé dans le vocabulaire au passage…

En somme, 2 textes, 2 graphiques et une carte… la question est une PB classique : existe-t-il un déclin américain??? et la réponse est dans la question : Oui mais.. et on concluera, avec le doc 5 et le questionnaire, que le déclin est relatif et que le monde est « postaméricain », donc les USA doivent trouver une place, qui reste celle de 1er mais moins loin des autres …. à moins qu’il ne soit plus tout à fait 1er… ce qui explique Trump !

questions – réponses rapides. la rédaction peut aller d’un recto verso à 2 feuilles doubles… enfin, c’est ce que vous avez fait….

1a – fragilités docs 1-3-5
doc 1 – antiaméricanisme.. qui vient pour les uns de la jalousie (ça je peux pas supporter comme explication.. genre c’est quoi le problème des adultes, c’est la cour de récréation) donc bullshit, et pour les autres c’est la conséquence de la politique étrangère US… 11 septembre 2001, dans de nombreux pays, des manifestations de joie…. bien fait pour leur gueule … Ouais, c’est le vulgum pecus de la rue qui disait ça, mais ça confirme que quand les USA sont partout et font ce qu’ils veulent ou presque , si quelqu’un arrive à taper les USA, on est content… vous disiez ??? cour de récréation ???
doc 3 – la dette = emprunts… aussi importante que le PIB (107%)… un déficit énorme.. Le déficit des années 1950 correspond au plan Marshall, les USA donnent pour avoir des partenaires économiques, ils financent la guerre froide pour défendre la démocratie… les dettes et le déficit augmentent avec l’engagement dans la guerre contre le terrorisme => affaiblissement car engagement militaire…

doc 5 – la fragilité énoncée est ma concurrence des autres pays et le fait que des pays ont pris un poids qui les a rapproché des USA… c’est ce qu’on développe dans la question 1b

1b – quelles concurrence docs 3-5
doc 3 – concurrence économique : exportation.. le volume global augmente.. c’est la mondialisation !!! les US ont multiplié par 2,5 leur exportations mais ça suffit par pour être 1er… et toujours talonné par Allemagne…
doc 5 – la Chine concurrence économiquement + Inde et Brésil (« dans une moindre mesure ».. faut quand même pas oublier que la comparaison tourne vite à l’avantage des US à propos de ces 2 pays….) + Russie, dont l’opposition n’est pas tant économique que géostratégique.. ancien adversaire, qui ne veut pas se laisser mener par le bout du nez… Mais dans tous les cas, quand un pays a des aptitudes dans un domaine où il peut concurrencer les USa, il manque d’autres domaines…

1c – les fondements de la puissance qui restent… doc 2-4-5
doc 2 – les USA restent très attractifs… manière de vivre, les études…. pays de migrants… et des quotas de migrants aussi malheureusement…!
doc 4 – les USa semblent indépassables dans les NTIC, vu les GAFA… et la carte !!!
doc 5 – question militaire…Chine tient pas le coup..

les questions du 2 étaient intitulées « développez des arguments »… Pourquoi ne pas développer ???? De loin, on dirait presque le plan d’un devoir 1/ il est puissant 2/ il est remis en cause 3/ c’est un monde nouveau…
2a – Les éléments confirmant la suprématie planétaire… ça ressemble à 1C… mais il faut développer….
Les trois documents visés amenaient à trois points de vue :
– la maîtrise du hard et du soft power que l’on ne peut réfuter dans le cadre américain… Les USA restent un grand pays économique, une grande puissance militaire… Mais également une grande source de soft power doc 1 et doc 5
– l’attractivité doit être étayée puisque les docs ne nous donnent que le résultat de l’attractivité, à savoir les migrations… Pourquoi les US attirent : manière de vivre, american way of life, la liberté, la musique, les pionniers, les études, le dollar… doc 2
– la domination du secteur des NTIC doc 4.. ils sont largement devant, là où l’électronique était plutôt quelque chose de japonais dans les années 80 et 90.. Aujourd’hui, le numéro 1 dans ces domaines c’est les US

2b en quoi le déclin est relatif…
ben en fait on le dit depuis le début :
très fort dans de nombreux domaines les USA se voient de plus en plus concurrencés.. Economiquement, la Chine, mais aussi d’autres sous traitants. Militairement , un peu la Chine, mais de loin. Idéologiquement, d’autres prennent le relais, Chine, bien sur, mais aussi Russie, l’Europe n’y arrive pas mais elle aurait de la ressource pour suivre !!!! En fait le déclin est relatif car les US ne déclinent pas, ils ne sont plus seuls, c’est tout… Trump en rajoute : au moment où la compétition devient rude, il se retire, et fait cavalier seul.. ce que Badie appelait tout à l’heure à la radio, la « diplomatie électoraliste »… Trump se fiche du monde, ils ne pensent qu’à ses électeurs américains… Tout pour ma gueule et rien pour les autres : le soft power en prend un coup ! La concurrence met les USA dans une position qu’ils ne connaissaient pas depuis 1945 car pendant la GF les USA défendaient un modèle.. Aujourd’hui tout le monde a le même, c’est à dire le leur !!! Ils sont concurrencés sur leur propre terrain !

2c – transition
l’essnetiel de la réponse est dans l’expression du doc 5 « monde postaméricain ».. C’est la grande transition entre l’hyperpuissance (je suis seul au monde) à la multipolarité (on est obligé de décider à plusieurs…)..

Les avis qui sont donnés dans ces docs, tout comme les chiffres font partie du cours.. enfin, il serait idiot de ne pas les considérer comme en faisant partie…

un goût de 1920

Un siècle après, pour une autre organisation, voilà les américains qui rejouent le coup de l’isolationnisme.. pour ceux qui ont pas les neurones branchés après le réveillon, ci dessus le président Wilson au Congrès des USA en train de demander aux représentants de ratifier le traité de Versailles signé l’année précédente par le président lui-même, réglant la guerre et mettant en place la SDN…. 17 mars 1920, le Congrès à majorité républicaine (Wilson est démocrate) vote contre… Adieu veaux, vaches, cochons, frontières, SDN , aux armes et caetera…

Extrait d’un édito du Monde 11 décembre….

Dès la création de l’OMC, en 1995, les Etats-Unis ont eu du mal à accepter que l’Organe de règlement des différends (ORD) s’impose comme une instance supranationale. Pourtant, Washington ne s’est pas privé de l’utiliser régulièrement pour obtenir gain de cause. Les Etats-Unis viennent ainsi de faire condamner l’Union européenne (UE) pour des aides illégales accordées à Airbus au détriment de Boeing.
Le problème, du point de vue américain, c’est qu’il arrive que les Etats-Unis soient condamnés à leur tour. Ce devrait être le cas dans quelques mois pour un différend dans lequel, cette fois, c’est l’UE qui accuse les Etats-Unis d’avoir indûment soutenu financièrement Boeing, pénalisant ainsi Airbus.
Washington dénonce « l’activisme judiciaire » de l’OMC. Mais les Américains donnent surtout le sentiment de ne respecter les règles que lorsqu’elles sont en leur faveur. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump considère l’Organisation comme un empêcheur de tourner en rond. Sa guerre commerciale avec la Chine, menée à coups de sanctions unilatérales, multiplie les entorses aux règles internationales. Par ailleurs, les Etats-Unis sont mal placés pour contester la supranationalité de l’OMC, alors qu’ils cherchent à imposer leurs règles au reste du monde grâce à l’extraterritorialité du droit américain.
Que l’OMC ait besoin de se réformer, personne aujourd’hui ne le conteste. L’institution est menacée d’obsolescence. L’unanimité requise pour boucler un cycle de négociations a fini par bloquer la signature d’accords globaux. Ensuite, les règles ont été fixées quand la Chine ou l’Inde étaient encore des nains économiques à qui de nombreux avantages commerciaux avaient été accordés. Leur montée en puissance change la donne. L’OMC doit s’adapter. Il est ainsi urgent de revoir les conditions d’attribution des subventions d’Etat dont bénéficient nombre d’entreprises chinoises.
Mais, en empêchant l’ORD de fonctionner, Washington fait faire aux relations interétatiques un bond en arrière. Donald Trump a déjà donné un avant-goût de ce nouveau désordre mondial. Les Etats-Unis seront en position de tordre le bras des plus faibles, comme lors de la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain, signé le 10 décembre avec le Mexique et le Canada. Et quand l’adversaire sera capable de résister, comme c’est le cas actuellement avec la Chine, on assistera à d’interminables négociations, ponctuées de menaces ré ciproques, qui sont autant de facteurs de déstabilisation du commerce mondial.
Faute d’avoir été suffisamment décidés à réformer l’OMC, les Européens tentent aujourd’hui de trouver dans l’urgence de nouvelles règles du jeu. Mais à quoi peut bien ressembler une partie dont le principal joueur s’est retiré ?