La quantité nécessaire, la masse critique…

Voilà des années que les élèves me demandent la quantité minimale à fournir… Généralement ce ne sont pas des passionnés qui demandent cela. Jusque là, la réponse était connue car on avait l’expérience de ce bac.. Aujourd’hui les choses ont changé… Les épreuves se multiplient, elles n’ont pas le même programme en étendue : la 1ere épreuve porte sur 2 ou 3 parties du programme, la 2eme peut être un peu plus étendue, et la 3eme prend tout le programme de terminale, donc 6 ou 7 parties… La logique interne de cette progression est remarquable. On apprend en 1ere à gérer le temps et en terminale on le gère sur une quantité de savoir plus importante alors qu’on a moins de temps et de motivation….
L’histoire et la géo sont des matières, comme d’autres, en fait, dans lesquelles certains pour ne pas dire la majorité des discours évoquent des « bases », des « passages nécessaires ».. Cette vision est faussée : elle date de la perception de l’histoire et de la géo du XIXe quand on voulait transformer tout un chacun en encyclopédie. Or le métier de l’historien n’est pas encyclopédique. Un historien travaille sur une aspect des choses.. cela l’oblige à ratisser large, mais son intérêt n’est pas généraliste. Donc on nous fait croire que les élèves DOIVENT savoir… pourquoi plus la nuit des longs couteaux que la décennie de plomb en Algérie ???? Pourquoi TOUT SAVOIR des origines du fascisme quand la société reproduit les même erreurs 1 siècle après, confrontée à une autre forme de fascisme ??? Les fascistes ont fait du bien au patronat comme les islamistes ont été utilisés par le pouvoir pour calmer les banlieues… Bref ! Ma perspective est donc adapté au contexte dans lequel je suis. Je ne suis pas à la fac ni formateur, je suis juste face à des élèves qui passent une épreuve qui, de plus, est une nouveauté que l’on aborde avec la moitié de la préparation requise (puisque l’année de 1ere a été 1/2 année, et au lieu de 2 épreuves ils n’en ont eu qu’une…)
Voilà comment je peux donner mon point de vue aux élèves : Vous devez avoir suffisamment de connaissances pour rédiger un bon devoir, mais je ne veux pas non plus vous inonder de savoir car cela risquerait d’avoir pour effet de vous pousser à ne pas finir vos épreuves, si vous en avez trop à dire… C’est un juste équilibre que nous devons arriver à mettre en place je dirais presque de manière individuelle car ce que vous arriverez à placer sur la feuille en 1 heure, votre voisin ne le pourra pas forcément ou peut-être pourra-t-il davantage…. La limite que vous attendez de moi, en fait, c’est vous qui allez la trouver en faisant correspondre vos capacités de mémoire, votre capacité de traitement en épreuve…

ça y est

Oui, ça y est ! On y est … Depuis six mois que je n’avais plus vu une classe entière en cours, depuis 6 mois que je n’avais plus à corriger pour valider une progression, on est reparti.. Ailleurs, avec d’autres gens, dans d’autres lieux, d’autres conditions… Voilà donc les premières notes qui arrivent… Chacun va réagir selon ses chakras… L’important, en ces moments, et je lance le message dans le désert cybernétique pour que vous puissiez le récupérer, n’est pas le niveau de la note, le nombre de points qui vous séparent de la moyenne, de ce que vous attendiez, de ce que vous avez toujours eu comme notes, etc… Non l’important ce ne sont pas les chiffres, même les matheux vous le diront… Comme si les maths c’était des chiffres..! Non.. L’important c’est le rapport entre votre travail et ce que vous avez fait… La note ne donne qu’un idée, en plus d’un gars qui vient d’on sait pas où… Regardez l’effort fourni, ce que vous estimez avoir fait… C’est là que tout se joue… Que vous ayez 4, 8, 12 ou 18, l’important c’est ce que vous avez mis dedans pour arriver à ce résultat… Vous avez mis beaucoup vous avez 18, RAS. Vous avez rien mis vous avez 4, RAS ! Vous avez beaucoup investi et vous avez 8 ou 12, là vous faites le gueule… Et combien je vous comprends… C’est à ce moment là qu’il faut discuter.. Non pas pour racler 1 ou 2 points, mais pour comprendre quoi faire pour ne pas avoir trop de surprise… Voilà les possibilités :
1 – le cours n’est pas bien compris.. vous avez révisé juste vos notes, sans aller voir le cours, sans aller voir le manuel.. le cours pur jus de gaby.. ouais, si vous voulez.. Mais si vous n’avez pas compris…à quel endroit vous avez pu vous en apercevoir ???? Et puis gaby on comprend pas tout ce qu’il dit.. normal, il débarque, on a pas encore nos marques, on ne se connaît pas encore, on le teste…. mais finalement, même en Terminale c’est pas grave, vu le poids de l’épreuve en terminale.. En première, on stresse davantage, mais ça va venir, vu tout le travail qu’on vous propose dans toutes les matières à l’écrit…
2 – la rédaction est pas bonne… vous écrivez mal, votre style est difficile, ou l’écriture… C’est le français qui passe pas en fait…
3 – question d’organisation.. Soit le temps vous a manqué : c’est pas grave, vous vous débrouillerez mieux pour organiser ce temps la prochaine fois… Il suffit de faire le bilan de la séance de devoir… Soit vous avez des soucis pour organiser le propos : là je ne peux pas me prononcer de manière définitive : vous n’aviez qu’un chapitre à réviser, autant dire, une chance pour vous….Tout le monde ne l’a pas saisie d’ailleurs… Si vous avez éprouvé des difficultés pour organiser c’est aussi qu’on est au début… Et je ne veux pas attendre Novembre pour qu’on s’entraîne, ok ? Vous DEVEZ absolument réfléchir à comment votre « épreuve » s’est déroulée.. qu’elle ait eu 1 heure, 50 minutes ou 40 minutes, peu importe ! Si on vous a coupé le sifflet 1à minutes avant la fin et que vous étiez en train d’écrire la conclusion, tout va bien.. Si vous en étiez à la fin de l’intro, c’est autre chose.. S’organiser c’est pas simple.. Il y a ORGANISER, déjà c’est pas donné à tout le monde.. y a des recettes, des conseils, des « j’organise en 10 leçons »… Mais finalement cela revient à classer.. Aristote avait tellement raison ! Mais il y a aussi « S' ».. c’est à dire soi-même… à l’âge où on oscille entre le je-m’en-foutisme et le manque de confiance en soi… Quel beau programme !!!!

Et tout cela ne résout pas le problème de tout le monde… En effet certains vont penser que ce qu’ils ont produit valait le coup, tellement le coup que certains vont parfois jusqu’à demander à quelqu’un d’autre si « ça vaut pas mieux »…. Il est vrai que des passages entiers peuvent être interprétés de manière différente par des collègues différents.. Généralement ce sont les passages les plus mous : manque de vocabulaire, manque de précision.. Certains y voient des connaissances, d’autres de l’esbroufe.. Moi j’y vois pas grand chose… Un passage mou, c’est une note molle… entre 8 et 12… Pas mauvais, mais pas bon… ça cache tout genre de phénomènes : l’élève intéressé(e) qui a des soucis pour s’exprimer, le glandeur(euse) qui sait écrire, celui(celle) qui fraude mal… Bref un pataquès scolaire qui, personnellement, n’est pas ma tasse de thé.. Je préfère un élève complètement paumé à celui qui fait semblant, un désintéressé à un obséquieux et, de manière générale, le glandeur honnête à l’intelligent malhonnête… L’intérêt fondamental dans ce boulot c’est d’avoir affaire à des jeunes qui, pour la plupart , sont globalement moins tordus que les adultes.. Et ça se vérifie à chaque fois !!!

La PESC – corrigé

voilà le sujet toutes séries.. :
projet maastricht bac 2017

et une proposition d’intro :
La signature du traité de Maastricht en 1992 a marqué une nouvelle étape dans la construction européenne entamée depuis la fin des années 1940. Ce texte veut rapprocher davantage encore les pays européens signataires au travers de trois piliers : le fonctionnement des communautés depuis la création de la CECA en 1951, les affaires de Justice et enfin, celle qui concerne les documents proposés ici, la question de la politique extérieure et de sécurité commune (PESC). Le document 1 est un extrait du traité de Maastricht qui donne des objectifs, des ambitions à cette politique. Le document 2 donne une cruelle lecture de l’impuissance européenne face aux désastres des guerres de l’ex-Yougoslavie, concrétisation des limites de la PESC. La réflexion porte ainsi sur la manière d’arriver, à plusieurs pays, d’avoir une voix commune dans le monde. Autant dire que le défi relevé est de taille ! Réfléchir à la PESC ne peut sans doute pas se faire de manière trop légère car on ne peut pas, sans craindre le ridicule, opposer les principes de Maastricht et l’échec en ex-Yougoslavie pour conclure tout simplement à l’impuissance européenne. La question est une des plus fondamentale dans l’existence d’un État, il paraît difficile de se dessaisir de la politique extérieure, juste en ayant signé un traité. On pourra donc se demander en quoi la PESC a connu une mise en œuvre difficile dès ses débuts. Si les ambitions étaient grandes, le contexte était plus complexe ce qui entraîna rapidement des limites, dont elle essaye, peu à peu, de se libérer. L’Europe ne peut pas se faire rapidement : devant se constat on peut prendre ou perdre patience !

funérailles

chers élèves de 1ere, quoi qu’il en soit de la légitimité des notes ou quoique ce soit, ce n’est pas le moment de lâcher du mou !!!

la consigne était :
A L’AIDE DES DOCUMENTS/, /MONTREZ/ la /VALIDITE ET LES LIMITES/ de l’hypothèse suivante : les funérailles de V Hugo ont constitué UN MOMENT DE COMMUNION NATIONALE ET REPUBLICAINE
traduction :
A L’AIDE DES DOCUMENTS/, c’est à dire que vous devez utiliser les documents, explicitement
/MONTREZ/ vous avez un raisonnement à mener…
la /VALIDITE ET LES LIMITES/ raisonnement dans lequel vous devez peser une proposition
que voici : MOMENT DE COMMUNION NATIONALE ET REPUBLICAINE
(comme si le terme de communion était du domaine historique.. non mais !)
et en plus ils veulent qu’on emploie quelques expressions : Etat républicain/cérémonie laïque/fête populaire / résistances

voilà le moindre de ce qu’on pouvait faire :

Le 21 mai 1885, une loi a ordonné des obsèques nationales pour Victor Hugo et un décret présidentiel destine le corps de l’écrivain au Panthéon (doc 1), église parisienne transformée en sanctuaire national, accueillant les corps des grands personnages de la Nation. La réputation de Hugo tient en partie à son oeuvre littéraire (doc 2) mais également dans son engagement pour la République et la laïcité(doc 3). L’Arc de triomphe, haut lieu de l’Etat républicain et de la nation accueille le cercueil de l’auteur. Les signes du deuil sont nombreux dans cette cérémonie laïque : voile sur les statuts, flammes brûlant autour du monument. La foule est nombreuse (doc 4) au point que des commerçants se multiplient pour profiter du rassemblement qui prend des airs de fête populaire. Tout cela semble valider une unanimité, cette fameuse « communion nationale et républicaine » que l’on attendait. Mais on peut repérer certaines résistances limitant cette unanimité : les catholiques sont très réticents devant la célébration de ce laïc très engagé (doc 5) présenté comme un héros par les autorités.

certains se sont défoncés pour trouver une belle bio de Hugo dont on n’avait pas besoin… ceux qui ont fait ça rapidement, genre ça sert à rien, y a plus de notes, on donc une note indicative entre 5 et 6…

EN QUOI LE DOC…

voilà une correction virtuelle d’un exercice qui l’est tout autant…

consigne : en quoi le document permet de présenter la concurrence régionale entre le Japon et la Chine ?

document : carte ASIE S SE

pour une correction :

La question posée était d’une facilité déconcertante et à peine « piégeante »…En quoi le doc permet de présenter blablabla…. C’est bien une question sur la qualité du doc sur sa pertinence par rapport à la question… non ????
Or qu’est-ce ce doc là…
titre : aspects géopolitiques de l’Asie du Sud et de l’Est
=> donc on est sur du géopolitique.. tout ce qui est géopolitique est mis en valeur.. le reste est minoré.. enfin c’est ce qu’on doit vérifier.. et on le vérifie assez rapidement les questions militaires et conflictuelles débordent.. l’économique et le culturel sont out …!
source : une revue « questions internationales » de 2011, sérieuse (la documentation française.. ouaou !) mais c’est pris dans un article intitulé « la Chine et la nouvelle Asie »…. une poignée d’entre vous l’ont vu, et aucun n’a songé à l’utiliser…. Regardez bien la carte : elle est centrée sur la Chine…. Elle illustre un article sur la Chine… Alors oui, on peut se demander si c’est un bon doc pour étudier la confrontation régionale Chine-Japon….

Or donc, il ne s’agit pas de paraphraser la carte en relevant les éléments de concurrence… ni de réciter son cours sur le sujet…
Mais il faut SE SERVIR DU COURS POUR VALIDER LA PERTINENCE DU DOCUMENT PAR RAPPORT AU SUJET.. on n’évalue pas votre capacité à lire mais votre capacité à critiquer un document… Dans le sujet initial il fallait enfiler les perles et paraphraser en partie le doc.. mais ce recul critique vous ne l’avez pas acquis…

Je me demande parfois pourquoi …et je connais le responsable… c’est en grande partie moi-même…
Pour présenter mes cours, j’utilise des docs que je regarde avec les yeux du glaneur.. Je récupère les infos, comme vous le faites depuis la 6eme voire parfois avant…. Du coup à force de faire ça à longueur de cours, vous imaginez que c’est ça le boulot critique sur document… Mettre en relation le doc et le cours.. ça c’est une deuxième étape, pour mettre en valeur l’angle de vue du doc, peser son poids dans la réflexion, ce qu’il nous dit des phénomènes qu’on connaît par ailleurs… Parfois, de manière très rare, je me suis égaré à vous faire ce genre d’exercice pour peser la pertinence du doc.. mais c’est rare.. on n’a pas forcément le temps.. et vous vous en foutez royalement, vous ne captez pas la différence entre le regard critique et la récolte d’info… Du coup on est mal.. ou pas ! parce qu’en fait, comme y a plus d’écrit, tout va bien pour vous….

Que fallait-il dire ????
1 – une bonne présentation du doc pour savoir ce qu’on allait y trouver.; ce n’est pas un a priori, c’est juste intégrer d’où vient le doc qu’on va étudier.. Non pour le limiter mais pour garder éveillé notre jugement et ne pas nous laisser enfariner ! => la chine est au centre de la carte
2 – reprendre les données de la carte comme tout le monde l’a fait… les aspects géopolitiques prédominent, logique vu le titre du doc… les 2/3 de la légende sont sur des questions de conflits, tensions et armées….
Déjà , là, il faut bien se dire que sur cet aspect là , la Chine a une longueur d’avance… Le Japon s’est développé depuis 1945 dans des domaines essentiellement économiques. Récemment, le Japon s’est mis à développer ses capacités militaires.. Mais elles n’apparaissent pas sur la carte…
3 – les questions économiques sont limitées aux organisations qui ne disent pas grand chose, sauf que les deux pays fréquentent ou pas les mêmes organisations… bien sur il faut les présenter ce que vous fîtes assez souvent !
4 – ce que l’on sait du sujet doit aussi intervenir : le Japon exporte beaucoup vers l’Asie – le Japon a délocalisé en Chine et ailleurs – les routes de la soie n’apparaissent pas alors qu’elles font partie de l’influence chinoise sur l’Asie…

Finalement :
– le doc renseigne sur l’influence chinoise sur l’Asie du point de vue géopolitique… pas forcément sur la concurrence avec le Japon.. mais fatalement c’est implicite…
– du point de vue économique, on peut utiliser les organisations..
– le doc permet d’avoir des idées sur cette concurrence, mais n’est pas forcément le meilleur car très orienté sur la chine et les aspects géopolitiques….

Etat et économie

Analyser la caricature pour expliquer les spécificités du mode de gouvernement français. Montrez qu’elle témoigne d’une certaine érosion du pouvoir d’Etat.

état & économie

Cette caricature a été réalisée par Plantu, dessinateur au monde, après les élections législatives de 2002. Celles-ci ont amené une majorité de droite à J. Chirac qui venait d’être élu juste avant.. Ce contexte permet de comprendre plusieurs élément de la caricature en rapport ou non avec la consigne.
Tout d’abord, le personnage de Hollande, à gauche, tout penaud d’avoir perdu les élections, la rose se fanant, sur fond de panneaux électoraux.
La voiture du premier plan permet de répondre à la consigne. En effet les personnages sont là pour signifier la situation de l’Etat français.
De chaque côté, Jacques Chirac, président, et JP Raffarin, premier ministre. Le premier avec un drapeau tricolore planté sur la tête, dit « on va enfin pouvoir diriger » : l’emploi de ENFIN correspond aux derniers événements : Chirac a exercé 5 ans sa fonction avec un gouvernement de gauche… Pour le reste de la phrase, il s’agit du caractère français. Chirac est gaulliste, sa référence était le général de Gaulle qui a dirigé la France a une époque où le secteur public était très développé, dans le domaine industriel, financier et dans les assurances. En 2002 il n’est plus question de secteur public ou si peu. Chirac lui même a lancé les grandes privatisations et l’Etat ne dirige plus d’entreprises. La phrase elle-même veut signifier que l’Etat cherche à diriger.
Mais les volants que tiennent Chirac et Raffarin sont dans le vide. Celui qui dirige la voiture-Etat c’est un personne non reconnaissable dont la veste porte le nom Economie. La caricature a comme message : l’Etat ne dirige pas, c’est l’économie qui dirige. Ce point de vue rapide est très répandu. D’un côté la politique menée par la droite (dès 1986 avec les privatisations déjà citées) et de l’autre le contexte de mondialisation et de construction européenne semblent aller dans le même sens de cette dépossession de l’Etat d’un certain nombre de ses fonctions économiques. Le fait que les deux personnages en rajoute (vroum) semble signifier que les deux personnages veulent prétendre qu’ils dirigent. La remarque « avec modestie » rappelle des paroles de Raffarin mais va dans le sens d’un Etat qui a moins de pouvoir : il s’agit de diriger le pays mais « avec modestie » puisque l’Etat n’a pas tous les moyens de diriger.
Ainsi la caricature veut montrer cette perte de pouvoir dans le domaine économique. Il faut toutefois nuancer : la caricature n’est pas une description de la situation, mais une critique d’un aspect. L’Etat garde encore du pouvoir en France, mais les décisions et les évolutions économiques montre ce relatif recul, d’autant que le modèle français développé depuis la seconde guerre mondiale donnait une large place à l’Etat (nationalisations, planification indicative).

DS 3 en TS

Pas trop de surprise pour ce dernier DS… pas dans les sujets en tout cas… Il faut de temps en temps ce genre de résultat encourageant.. Quelques remarques tout de même…
pour les croquis.. Vous avez généralement bien récité votre modèle. Le fond de carte ne contenant pas toutes les villes du modèle certains ont glissé… Attention. Tout le monde n’utilise pas les méthodes de base données pour indiquer les noms… Du coup ça fait sale et ça donne de l’argument au correcteur pour ne pas vous donner la totalité des points; idem pour la légende pas toujours complète; idem pour ceux qui n’ont pas suivi le stage « je colorie mieux quand je suis au lycée, au moins j’essaye de pas lâcher l’affaire »…. La présentation compte beaucoup, mais la beauté sans connaissances n’est qu’une mauvaise habitude….
pour les sujets sur les Etats-Unis.. quelques surprise dans votre traitement global. Beaucoup sont allés dans le biais qu’il faut absolument éviter de raconter la GF.. Bien entendu la GF est présente dans ce sujet, mais votre PB est axée sur la puissance US, pas sur le déroulement de la GF… N’oubliez pas que les expressions du style « en 1978 il y a… », « en 1980 se déroule un autre événement« , « d’autres événements se passent« … J’ai compris : vous avez des connaissances, plus ou moins précises et vous voulez me les fourguer que vous connaissiez bien ou pas… Mais du coup , on n’est plus dans un devoir de rédaction mais dans un catalogue chronologique auquel vous ne donnez pas de sens.. Et ça, ça ne passera pas… Et c’est ce qui fera la surprise des notes du Bac (en plus du côté roulette russe de tomber sur X ou Y qui sera plus ou moins exigeant que moi…) à laquelle vous ne vous attendez pas.. Donc ne lâchez pas l’affaire.
Pour les deux sujets de compo, vous devez toujours repartir de la PB. Car votre objectif c’est de répondre à cette foutue PB des manifestations de la puissance ici et des relations de la Chine au monde là… Donc me parler du plan Marshall, ok bien sur, mais en soulignant que les USA se permettent de prêter voire de donner (les USA donnent, improbable !) c’est bien qu’ils peuvent se le permettre… Rappelez vous des liberty ships qui partent en Grèce… Donc c’est la puissance qui le permet ou c’est la manifestation de la puissance, comme vous voulez mais le terme doit apparaître au cours du développement… L’actualité apparaît ici ou là dans vos copies de manière pertinente, que ce soit le corona virus pour appuyer l’ouverture de la Chine, les nouvelles routes de la soie, ou le rôle international de Trump.. Personne ne s’est emparé de la campagne électorale américaine, que nous suivons déjà tous alors qu’on en est qu’aux primaires… ça c’est du soft power: leur actualité devient la notre…
Pour le sujet sur la Chine, c’est sans doute un des sujets les plus faciles du stock envisageable (si vous avez Histoire en compo bien sûr..)Le rythme chronologique est le plus simple : 1949-1976/ 1978 à nos jours… Là encore les événements n’ont de sens que celui que vous allez leur donner… Donc la Révolution Culturelle a du sens SI vous évoquez le succès chez les jeunes étudiants français de mai 1968 par exemple… Certains arrivent à avoir des connaissances plus étoffées sur la première partie que sur la seconde. Attention! Par ailleurs, au delà des erreurs compréhensibles mais à ne pas lâcher vis à vis de l’orthographe des noms chinois (en particulier ce Maho qui a parasité ma lecture d’une copie assez bonne par ailleurs…), vous n’utilisez pas la double orientation donnée puissance idéologique/puissance économique… Alors qu’on ne parlait pas encore de « soft power », les USA et la Chine avait déjà compris.. La puissance US est passée par la société de consommation, les jeans, les radios, le chewing gum, les Camel et les Lucky Strike, la puissance chinoise est passée non pas par ce sourire constant et convenu (cf cet article sur Yue Minjun artiste chinois qui décline ce sourire dans ces toiles https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/expo-mais-quest-ce-qui-fait-tant-rire-yue-minjun_162039.html, exemple en haut de la page !) mais par le discours idéologique très explicite dans les affiches qui défendent la lutte des peuples opprimés contre leurs oppresseurs coloniaux ou néo-coloniaux.. Pour qu’on soit bine d’accord, en Chine, Confucius et communisme ne font pas bon ménage, comme on vous le dit dans cet ARTICLE.. On peut retrouver des éléments communs, l’orientation collective en particulier.. Mais le confucianisme était officiellement condamné sous Mao, il revient aujourd’hui en force…

Allemagne

Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne entre 1875 et la Seconde Guerre mondiale

Sujet sans surprise, même assez cool puisque ne s’arrêtant qu’à la seconde guerre… Ce qui vous permet d’éviter de tout lâcher après les lois Hartz de 2004..

Socialisme, communisme et syndicalisme…. Les trois pôles doivent être étudiés en relation… D’où le problème avec votre cours qui est léger du point de vue du syndicalisme… Donc autant bien insister sur les relations entre communisme et socialisme, sur les luttes qui existent…
Et sur la première période (1875-1945) c’est assez net :
– le congrès de Gotha (1875) voit la victoire des Lassaliens, socialistes réformistes contre les marxistes révolutionnaires. le programme est réformiste et critiqué par Marx
– le congrès d’Erfurt (1891) transforme le programme en plus révolutionnaire, victoire des marxistes
– la question du révisionnisme de Bernstein (1899) confirme l’orientation marxiste intellectuellement parallèlement à une pratique réformiste
– le raccrochage du SPD à l’union sacrée en 1914 montre bien l’abandon du marxisme en tant que programme à suivre (puisque le marxisme est internationaliste et opposé à la guerre…)
– 1917 USPD, les communistes se détachent.. Les spartakistes font partie de l’USPD
– novembre 1918 : avec l’effondrement de l’empire, le pouvoir est confié à Ebert, chef du SPD…
– 1919 KPD
– et 1919 janvier semaine sanglante : les socialistes au pouvoir font tirer la troupe sur les Spartakistes et communistes

Ces événements sont une fracture à l’intérieur du mouvement socialiste, et elle perdure pendant l’entre-deux-guerres, même s’ils restent longtemps au pouvoir. Mais les communistes ne veulent pas s’allier avec le socialistes, à cause de cette trahison de 1919. Par ailleurs, les communistes, orientés par Moscou, doivent suivre la tactique classe contre classe et ne pas coopérer avec les socialistes, considérés comme des « socio-traîtres », puisque les communistes critiquent vertement le fait que les socialistes sont composés de nombreux bourgeois… La classe ennemie du peuple dans les textes fondateurs du communisme…
La fracture fait comprendre l’incapacité de la gauche allemande devant la montée du nazisme et la prise de pouvoir d’Hitler… C’est d’ailleurs cette prise de pouvoir qui fait changer Moscou de tactique et lancer celle des fronts populaires… Et c’est là que résidait la deuxième (ou troisième) étape du devoir…

Donc pour un plan….

I – fondation du SPD 1875-début XXe
II – les fractures 1914-1919
III – entre-deux-guerres 1919-1933

ou alors

I – fondation 1875 – 1914
II – fractures 1917 – 1933

Pour lancer la composition, quoi de plus stimulant que le constat de la défaite de la gauche en 1933… La victoire d’Hitler ne s’explique pas par les divisions de la gauche, elles accélèrent la victoire.. Le NSDAP a un énorme succès grâce à la crise économique et les qualités d’orateur de Hitler lui-même… Mais les divisions de la gauche, leur manque de cohésion autour d’un projet de société n’ont fait qu’exacerber le succès des nazis…

Pour les questions syndicales.. que reste-t-il du cours..? C’est vrai pas grand chose, comme dans toutes les productions en rapport avec ce sujet…
1892 unification syndicale avec Carl Liegen
fin XIXe, SPD + coopératives de production qui correspond à la mutualisation que l’on trouve dans le syndicalisme… ce mutualisme montre que le SPD est un parti ouvrier.. du moins au départ..
proximité des syndicats avec le combat des spartakistes et progrès des catégories non ouvrières à l’intérieur du SPD….Le syndicalisme reste important en Allemagne.. Hitler utilise cette habitude en créant des associations ouvrières nazies qui encadrent cette population (DAF par exemple et autres associations de loisirs…)

médias et opinion publique

Dans ce DS du 050220 en TLES le sujet 2 était simple, prévu dans les IO et tout et tout :
En vous appuyant sur les exemples étudiés au cours de l’année, vous traiterez le sujet suivant : médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l’Affaire Dreyfus.

Le sujet est sans réelle surprise, en tout cas du point de vue du programme.. En revanche, du point de vue des élèves, les choses sont plus complexes… Vous avez beaucoup à retenir et vous semblez penser que le récit vaut le coup, là où on attend une analyse…
Qu’on soit bien d’accord… L’analyse en question c’est percevoir les relations entre les médias et l’opinion publique… Sachant que le premier terme est simple à définir.. si on ne le réduit pas à la presse seulement, et que le deuxième l’est beaucoup plus.. Oui Bourdieu estimait que l’opinion publique n’existait pas. D’autres pensent que l’opinion publique a laissé la place à l’opinion de masse largement manipulée voire créée par les médias et surtout Internet… En tout cas ce qui est clair c’est que l’on cherche à voir comment évoluent les relations entre les médias et les citoyens… Pas l’histoire des médias.. La différence est difficile à faire, bien sur…

Exemple sur l’affaire Dreyfus….

L’histoire des médias, il faut la connaître. Les inventions, les améliorations de la production des journaux dans les années 1880 permettent d’augmenter les tirages. La loi de 1881 permet de libérer la presse. Le fait qu’il y ait des délits de presse n’est pas la marque d’une surveillance, mais au contraire d’une plus large liberté puisque les affaires de presse sont jugées avec un jury populaire.. Ce qui n’assure pas l’impunité des journalistes mais permet un jugement par des citoyens… C’est bien sur les dispositions de cette loi de 1881 que compte Zola lors de la publication de son article « J’accuse » en 1898 : il sait, et le dit explicitement, qu’en accusant tout le monde, des politiques et des militaires, il se met sous le coup de la loi… Mais c’est son objectif : passer en jugement pour qu’on ouvre à nouveau le dossier Dreyfus qui a été fermé par l’armée…Ce n’est pas la fin de l’affaire, au contraire, ce n’est que le début… Le procès Zola (1898) entraîne des réexamens du dossier Dreyfus. Un autre procès a eut lieu en 1899 qui condamne à nouveau Dreyfus, qui est gracié par le président. Nouvelle révision lancée en 1903, cassation du jugement de 1899 et réhabilitation en 1906…. Mais en fait tout cela n’est pas le fond du problème..
Les relations entre la presse et l’opinion publique sont bien montrées dans votre livre par les pourcentages concernant l’engagement des journaux… Ils sont majoritairement antidreyfusards, même si les proportions évoluent avec le temps. La presse, pendant l’affaire, défend soit l’armée, soit les droits de l’homme… Cela influence les citoyens, au delà de la simple information, on le voit dans la caricature de Caran d’Ache (sur le repas de famille qui tourne mal, 1898), elle même publiée dans la presse. Donc la presse influence mais relaye également l’opinion publique… Winock le dit : « qu’est-ce alors que l’opinion sinon la presse »… avec cette phrase, l’historien met en évidence que la relation que l’on étudie est quasi fusionnelle… Et c’est logique : la presse c’est le signe de la liberté nouvelle du citoyen rétablie avec la IIIe République…

Comme les deux paragraphes ci-dessus le font, certains d’entre vous ont d’abord évoqué la crise et ensuite les relations médias-opinion publique… C’est une solution…

Pour la suite, que faire… ?

Vous savez qu’après la presse, on se retrouve avec d’autres médias : la radio et la télé… le cours vous a entraîné vers l’histoire des médias, en particulier le rôle de l’Etat.. il ne faut pas l’oublier.. car cela, pour le coup, ça fait partie des relations médias-opinion publique… La radio et la télé, c’est-à-dire les médias audio-visuels ont d’autres qualités que la presse… Le caractère direct, on pourrait dire en jouant un peu sur les mots le caractère « immédiat » des ces deux médias fait peur aux autorités… Les rapports entre média et opinion sont donc d’une grande proximité, puisque la radio et la télé sont directement dans le foyer…
Le développement de la radio se fait après la 1GM, les stations se développant à la fois avec des capitaux privés et des capitaux publics. L’entre-deux-guerres est la conquête des ondes par l’Etat en France, même si des radios étrangères peuvent diffuser leurs émissions sur le territoire.
Le développement de la télé se déroule après la 2GM. Les équipements étant plus lourds, l’Etat prend les choses en main et seule une puis deux chaînes diffusent.
Les relations médias-opinion publique sont donc marquées par la présence de l’Etat… Les grandes crises concernant ces deux médias sont toutes celles qui restent dans le chapitre : 1934/1940/1958/1968…

Les fiches données en début de cours donnent les éléments qu’il faut absolument utiliser (dans les lignes « rôle des médias »)…
je reste stupéfait que certains élèves utilisent le 6 février 1934 que l’on n’a pas traité en cours…

Pour le plan…

I – la presse
II – la radio
III – la télé

c’est une option.. et en fait ça correspond à peu près à

I – années 1890 – 1920
II – entre deux guerres jusqu’à la Libération
III – depuis 1945

l’essentiel est dit !

Apple, chaîne de valeur

DM premières, questions 1 à 5 p 126-127 – barème 1+1+2+2+4
on retiendra pour le cours que le smartphone a été lancé sur le marché en 2007, en 10ans près d’1 milliard et demi d’exemplaires avait été vendus – La « chaîne de valeur » correspond à l’ensemble des entreprises intervenant dans le processus de production.. Elle doit permettre à une entreprisede construire son avantage concurrentiel. Donc , pour traduire, la chaîne de valeur c’est l’ensemble des sous-traitants délocalisés que l’on utilise dans les firmes transnationales pour multiplier les marges.
1 – Tous les types de pays participent à la chaîne de valeur…. Les pays pauvres comme la RDC et la Zambie, fournissent des matières premières. Les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, fournissent des matières premières et réalisent la fabrication. Les pays les plus riches apparaissent également, les Etats-Unis, l’Australie et l’UE, pour la fabrication des composants et la conception.
2 – Les principaux marchés correspondent aux pays dans lesquels sont localisés des Apple Store : on les retrouve dans les pays développés et les pays émergents ;
3 – La Chine est un maillon essentiel de la chaîne de valeur car on y réalise l’assemblage, la réalisation de composants, la fourniture de matières premières et la consommation (doc 1). Il faut signaler que c’est le seul pays au monde dans lequel toutes ces opérations ont lieu simultanément.. Dans le doc 2, une foule de jeunes chinois(es) s’affaire devant l’entrée de l’usine Foxconn. Le commentaire de la photo indique que à Zhengzhou, la moitié des I Phones du monde sont produits et que l’usine peut fabriquer un demi million par jour, en mobilisant 350.000 personnes. La part dans la production mondiale est suffisamment importante pour valider la position essentielle de la Chine. Le doc 3 est encore plus cynique puisque il est loué la flexibilité et la réactivité des usines chinoises, sans ignorer le coût réduit de la main d’oeuvre. En écrivant « là bas on peut tirer du lit 8000 ouvriers en pleine nuit et les mettre au boulot », le journaliste du New York Times met bien en évidence les avantages d’une dictature sur une démocratie : Apple profite de ces conditions pour la partie la moins onéreuses de la réalisation de ses appareils.
4 – Le débat actuel sur le système productif réside dans la délocalisation. D’un côté, Trump et ses électeurs n’attendent que des emplois. D’un autre côté, les entreprises réalisant les délocalisations argumentent sur cette pratique en avançant le fait que la richesse créée n’est pas dans les unités de fabrication mais les opérations réalisées sur le territoire des USA dans le domaine de la conception. Pour eux, ne sont délocalisées que les tâches les moins intéressantes et les moins onéreuses. D’un autre côté, les ouvriers des pays concernés sont beaucoup plus flexibles et le pouvoir beaucoup plus autoritaire : ainsi l’entreprise y trouve son compte. On évoque également la spécialisation des ouvriers asiatiques, ce qui paraît étonnant. Il s’agit sans doute plutôt de la flexibilité qui est attendue.
Synthèse :
importance des chaînes de valeur
L’exemple de Apple permet de comprendre que les FTN cherchent à produire beaucoup et pas cher, peu importe les conditions sociales et de travail qui ne sont pas dans leur souci. La délocalisation fait partie des méthodes appliquées dans le cadre de la mondialisation. Les chaînes de valeur permettent de produire à bas coûts des produits qui sont bourrés de technologies découvertes dans les pays développés. La production de ces I Phone est mondialisée tout comme la distribution… Ces choix permettent le succès et l’accumulation des marges !
Le limites de ces choix sont assez évidentes : elles creusent le chômage dans les pays développés et profitent du système social d’une dictature, exploitant les ouvriers. Ce que l’Occident ne peut faire à ses ouvriers, les entreprises occidentales le laissent faire par les Etats politiquement plus autoritaires.