la Loi ou des conseils

Des lycéens parlent aux lycéens… Au moment de quitter l’établissement, quelques règles à suivre.. de la part des anciens…

1 – profite à fond de la vie… et n’oublie pas de profiter à fond aussi des études

2 – Fais quelque chose qui te plaît vraiment. Ne décide pas tes études en fonction des autres…

3 – Ne prends pas tout à coeur, prends du temps pour toi

4 – De bons conseils pour le futur au CDI tu trouveras

5 – prier 5 fois par jour votre Prof Principal

6 – Garder confiance en soi et prendre de l’avance

7 – Avoir et construire des projets pour s’investir : ça fait partie de la formation !

8 – de bonnes relations tu maintiendras avec ta classe et avec tes profs

9 – les embrouilles ça sert à rien

10 – être curieux, relativiser, se lâcher

Penser l’après

Des jeunes âgés de 15 à 20 ans, lycéens ou étudiants, racontent l’état d’incertitude dans lequel ce reconfinement les a plongés. Ils ont entre 15 et 20 ans, l’âge de l’incertitude. « Je doute de mon orientation, de mes choix d’amis et d’amours, parfois même de mes goûts ou de mes envies », témoigne ainsi Nathan, 17 ans, en 1re dans un lycée du Vaucluse. Après un an de crise sanitaire – mais deux années scolaires affectées –, ce sentiment est monté d’un cran. « On entend les adultes hésiter, les politiques et les médias se contredire, l’école rouvrir puis refermer, rapporte Manon, en 2de dans un internat à Vannes. C’est pas parce qu’on a 15 ans [son âge] qu’on ne perçoit pas le flottement général. C’est simple, aujourd’hui, je ne suis plus sûre de rien… et c’est valable pour tout ! »Le reconfinement scolaire, annoncé le 31 mars, n’a pas vraiment surpris ces adolescents qui, en préambule des témoignages qu’ils nous ont livrés, se définissent comme « privilégiés » ou « à l’aise » – ce sont leurs mots.

Des jeunes inscrits dans un parcours de formation, bénéficiant d’une chambre (voire de leur propre logement pour les plus âgés), d’une famille sur laquelle s’appuyer et de parents en activité – professeurs, infirmiers, employés…« En terrain connu »« Cela faisait des jours qu’on entendait parler de classes fermées à cause du Covid, alors quand le président a annoncé que ça fermait partout, on a presque été soulagés », raconte Coline, 16 ans, en 2de dans les Hauts-de-Seine. « Rien à voir », dit-elle, avec le « choc » du premier confinement, en mars 2020 : « Aujourd’hui, on est en terrain connu pour les cours à distance, même quand ça bugge… »Reste à comprendre, pour des jeunes en demande de liberté, les « contours » de cette pause. « Un reconfinement sans limitation des sorties dans le temps, alors que les journées s’allongent, soyons honnêtes : on le vit plus comme un premier pas vers le déconfinement que comme un tour de vis ou un retour en arrière », témoigne Zaï.

L’étudiante en théâtre à Paris ne se sent pas « tranquille » pour autant :« On nage en plein paradoxe, dit-elle. On nous répète que l’épidémie flambe, on voit partout autour de nous le cercle des malades ou des cas contacts se rapprocher et, pourtant, on sort, sans le stress des contrôles policiers, sans garder l’œil sur la montre. »Alex, lycéen en 1re dans l’Essonne, parle, lui, d’« injonctions paradoxales » : « Toute la France est officiellement reconfinée, mais on peut traîner dehors, et ce, au nom de la responsabilisation de chacun. Je cherche encore la logique ! » Si, pour les vacances, il a franchi la limite de déplacement de 10 kilomètres, c’était « uniquement » pour rejoindre son père, installé à Limoges. Un « bol d’air », dit-il. « Le reste du temps, je ronge mon frein en attendant que les musées et les cinémas puissent rouvrir, je sors marcher, je lis beaucoup… Je ne me suis pas senti seul au premier confinement, ni même au deuxième. Mais au troisième, ça commence à peser. »C’est aussi ce que laisse deviner Félix, 20 ans. Avec seulement deux « vraies sorties » en un an, sa vie amicale s’est réduite « au minimum », explique l’étudiant en mathématiques à Lyon. Les rencontres par écran interposé, « ce n’est pas [son] truc » : « Je passe déjà entre quatre et six heures par jour à étudier sur l’ordinateur. Je fatigue… Même les jeux vidéo, une valeur sûre, m’attirent de moins en moins. » Au premier confinement, il avait rejoint le domicile familial à Blois. Cette fois-ci, il a hésité : « Ici ou là-bas, c’est toujours la crise. »« Un peu fébrile »Zaï, elle, n’aurait pas eu de « cas de conscience à bouger », mais elle a préféré rester à Paris pour réviser. « Avec les bibliothèques fermées, la difficulté à travailler en groupe, c’est dur…

Le semestre est passé trop vite ; de “visio” en “visio”, j’ai un peu perdu le rythme. » Clara, 19 ans, étudiante elle aussi dans la capitale mais « en psycho », a laissé derrière elle sa « coloc » pour retrouver ses parents installés à côté d’Orléans. « Ma vie sociale, à Paris, c’est le néant, lâche-t-elle. Au moins, à la campagne, on se retrouve entre amis des villages alentour. On se pose dans un parc. On respire un peu… »Le port du masque, les gestes barrières, Manon a le sentiment de les « appliquer à la lettre ». Comme tous les adolescents interrogés, elle explique résister aux « sirènes des fêtes », voir « toujours » le même groupe d’amis, en « petit comité » et/ou « en extérieur ». « On s’adapte dans notre vie amicale, on s’adapte dans notre vie scolaire. L’ambiance est moins oppressante qu’il y a un an, mais ça me rend quand même un peu fébrile. »Dans les rangs étudiants, on partage le constat, mais on confie aussi prendre « quelques libertés » avec les règles. « L’an dernier, quand l’été est arrivé, on avait pour nous les bars et les restos d’ouverts, observe Laurent, 18 ans. Là, on finit souvent la soirée dans de petits apparts. Pour peu qu’on picole un peu, les gestes barrières tombent. » Etudiant en lettres à Bordeaux, fils unique d’une mère commerciale, en rémission d’un cancer, il ne cache pas « culpabiliser ». « Je prends mon repas seul, j’ouvre toutes les fenêtres, je reste un maximum dans ma chambre. Sans être sûr de ne pas l’exposer. »La vaccination – récente – de sa mère l’a « un peu » rassuré. Pour lui, il n’y est pas opposé : « Ça nous permettrait de bouger à nouveau, au moins en Europe », espère-t-il, lui qui « rêve d’Erasmus ».

Zaï, l’étudiante parisienne, dit attendre son tour. « Si je pouvais me faire vacciner tout de suite, je le ferais. Pour contribuer à l’immunité collective, mais aussi pour pouvoir de nouveau faire des projets. »Une question emporte toutes les autres : comment imaginer l’été qui vient et, dans son sillage, l’année scolaire ou universitaire d’« après » ? « “On ne va jamais s’en sortir” : cette petite phrase, je l’entends dans toutes les bouches, relève Zaï, et c’est vraiment propre à ce nouveau confinement. » « Le fatalisme s’installe, témoigne aussi Alex. On devrait être à l’âge de toutes les découvertes, et on procrastine, on tue le temps… Avec les variants [du SARS-CoV-2], je n’ose même plus m’imaginer d’issue. C’est aussi une façon de ne pas être déçu. »S’ils s’interrogent, unanimement, sur les effets de la crise sanitaire sur leur parcours scolaire, ils ne s’imaginent pas, avec l’arrivée des « beaux jours », ailleurs qu’en classe ou en « amphi ». « C’est peut-être le seul effet positif de la période, conclut Alex, que de nous avoir rappelé où est notre place. »

Le Monde, mardi 27 avril 2021

à voir

quelques vidéos glanées sur le net sur des sujets variés ou presque :

Arte nous parle des Emirats Arabes Unis : Emirats : la fin de l’Eldorado ? | ARTE Reportage – YouTube et également : Pourquoi tout le monde veut aller vers Mars ? – 28 Minutes – ARTE – YouTube

Le Monde fait le point sur des questions économiques.. Le BG de service vous présente la crise économique du corona : Coronavirus : la crise économique est unique, voici pourquoi – YouTube et la question de la dette : Covid-19 : pourquoi la dette publique n’est pas un problème (pour l’instant) – YouTube

idem sur Xi Jinping : Chine : Xi Jinping est-il le nouveau Mao ? – YouTube

au hasard…

Pensant que je ne peux enseigner que si je garde vivante cette matière que j’enseigne, je me perds parfois dans les rayons des bibliothèques.. Voilà sur quoi je tombe.. Pour ceux qui voudraient savoir, j’ai recopié le texte de Bregman après avoir écrit l’article suivant….

Lu dans <<Utopies réalistes>>, Rutger Bregman, seuil, 2017, lisible à l’Alcazar, 320.5 BREG…
extraits p 20-22

Il est vrai que l’histoire est pleine d’utopismes sous toutes leurs formes – fascisme, communisme, nazisme – de même que chaque religion produit des sectes fanatiques. Mais si un fondamentaliste religieux incite à la violence, faut-il pour autant discréditer automatiquement toute religion ? Alors pourquoi discréditer l’utopisme ? Faudrait-il simplement arrêter tout à fait de rêver d’un monde meilleur ?
Bien sûr que non. Mais c’est précisément ce qui arrive. Optimisme et pessimisme sont devenus synonymes de confiance ou méfiance de consommateur. Toute idée radicale sur un autre monde est devenue presque impensable. Les attentes par rapport à ce que notre société peut accomplir se sont spectaculairement érodées, nous laissant face à la dure et froide vérité qui veut qu’en l’absence d(utopie tout le reste n’est que technocratie. La politique s’est diluée en gestion des problèmes. Les électeurs oscillent de part et d’autre, moins parce que les partis sont si différents que parce qu’il est si difficile de les distinguer et que la droite n’est désormais séparée de la gauche que par un ou deux points de taux d’imposition.
Le journalisme nous présente la politique comme un jeu dont les enjeux ne sont plus des idéaux mais des carrières. L’université est devenue un lieu où chacun est trop occupé à lire et à publier pour débattre. Celle du XXIe siècle ressemble à rien tant qu’à une usine, comme d’ailleurs nos hôpitaux, nos écoles et nos studios de télévision. ce qui compte, c’est d’atteindre des objectifs. Croissance économique, parts d’audience, nombre de publications – lentement mais surement, la qualité est remplacée par la quantité.
Et tout cela est animé par une force appelée « libéralisme », une idéologie pour ainsi dire vidée de tout contenu. Ce qui importe à présent, c’est « d’être soi-même » et de « faire son truc ». La liberté est peut être notre idéal le plus élevé, mais notre liberté s’est vidée de son sens. (…) La scène publique doit être « neutre » – ce qui ne l’empêche pas d’être plus paternaliste que jamais. A chaque coin de rue nous sommes incités à nous gaver et à nous enivrer, à emprunter, acheter, suer, stresser et tricher. Quoique nous nous racontions sur la liberté de parole, nos valeurs ressemblent à s’y méprendre à celles que défendent les entreprises qui peuvent s’offrir des publicités aux heures de grande écoute. Si un parti politique ou une secte religieuse avait seulement une fraction de l’influence qu’exerce l’industrie publicitaire sur nous et nos enfants, nous serions déjà dans la rue et en armes.

Lu dans <<La société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit>> Yan Algan et Pierre Cahuc, CEPREMAP, 2007/2016, lisible à l’Alcazar, 302 ALGA

Je ne suis pas arrivé à lire tout le livre… Toute ma culture socio-économique s’est effondrée en lisant ce brûlot qui a reçu paraît il le prix du livre d’économie… Extrait rapide :

En contrôlant l’ordre public et la distribution des ressources, l’État affecte la confiance de chacun envers les autres et envers les institutions. Or, de nombreux éléments empiriques indiquent que l’universalisme et la transparence des mécanismes de solidarité sont associés à une plus grande confiance. Ce n’est pas tant l’existence d’un Etat-Providence et le niveau des dépenses publiques qui emportent que le mode d’intervention et de régulation de cet Etat. p 48

je reprends :
« En contrôlant l’ordre public et la distribution des ressources, l’État affecte la confiance de chacun envers les autres et envers les institutions ». C’est à dire en étant l’Etat, l’Etat annihile la confiance… Là j’étouffe… en contrôlant l’ordre public, mais bon sang c’est le but de l’Etat.. Tu enlèves ça, il n’y a plus d’Etat… Ensuite, dire que l’Etat contrôle la distribution des ressources c’est peut-être pousser le bouchon libéral un peu loin… Quoi, nous sommes à Moscou ??? Que veulent ils dire ??? Bien sur que je ressens la pression de l’Etat dans mon pays…. Sans aller plus loin que Parcoursup… C’est le grand ordinateur qui va décider. Le recours c’est de mettre 18 à tout le monde.. Du coup, on annule l’évaluation et les formations du supérieur ne jugeront qu’à partir de l’origine des élèves.. C’est le résultat du trop d’Etat, les acteurs privés s’adaptent… Bien sur ! Mais au delà des exagérations, des abus, le fondement de l’Etat est la protection des citoyens, enfin je le croyais.. On m’avait appris que depuis la seconde guerre mondiale, l’Etat ça servait à ça… Après que les régimes fascistes aient fait de l’Etat un broyeur d’humains, après que le stalinisme ait été assimilé aux mêmes régimes, parce que broyeur d’humains également, j’ai cru en notre démocratie libérale.. Si c’est pour que de beaux esprits économistes viennent balancer le bébé avec l’eau du bain… Un jour un prof de fac m’a dit « depuis 1968 je vois tout mon monde s’effondrer ».. Je n’ai pas les mêmes idées, mais je peux dire pareil..depuis les années 1980, tout le monde mental dans lequel j’ai grandi, élevé dans un milieu chrétien démocrate, tout cela s’effondre… Ce qui était de l’ordre de la tentation, c’est un argument de vente. L’argent, regardé avec méfiance, est une des rares valeurs encore debout. Le groupe qui était une référence à l’intérieur duquel on essayait de percevoir les équilibres, est une lubie dépassée, seul comptant l’individu. Le bien commun qui était et devait être respecté, est au mieux un mal nécessaire, au pire un empêcheur de tourner en rond… On avait confiance en l’Etat, forcément massif, lent, rigide, mais protecteur… De forts comme des faibles.
je poursuis :
 » Or, de nombreux éléments empiriques indiquent que l’universalisme et la transparence des mécanismes de solidarité sont associés à une plus grande confiance.  » Et on cherche encore à nous faire croire que l’économie est une science… Pauvres naïfs ! L’économiste c’est celui qui vous dira demain qu’il a eu raison d’avoir tord hier… Oui, un peu comme le politique… Les données empiriques, tu les as en prenant un café ou pire au bar du coin, quand ils sont ouverts… D’ailleurs un peu plus loin, en affirmant que la multiplication des régimes particuliers de retraite sape la cohérence et la confiance, je me disais, ouaou il doit y en avoir pléthore… 10.. Il y en a 10, selon les mêmes auteurs ! C’est ça la complexité ? 10 régimes de retraite différents ? C’est ça la complexité ne pas avoir le même régime de retraite quand tu as passé ta vie sur les chantiers de construction ou quand tu as passé ta vie dans une bibliothèque.?? Bien sur que la transparence inspire confiance.. mais l’habitude de discréditer non !!! Mais les affaires politico-financières, non ! En France on est malade de l’égalité.. lisez « L’égalité du phantasme français » de Michel de Rosen, Tallandier, 2020 [disponible en numérique sur le site de la bibliothèque de l’Alcazar] c’est sur.. Il n’est que de faire l’histoire du XIXe pour comprendre que le « peuple » français le rechercher et tous ceux qui s’y sont agglomérés depuis ont adhéré à cette valeur… qui est sans doute la mieux transmise à l’école !! Donc c’est vrai ,en France si tu as pas l’air favorable à l’égalité, tu es mal vu… De là à dire que c’est l’Etat qui organise l’inégalité, il n’y a qu’un pas que les auteurs ne franchissent pas.
enfin :
 » Ce n’est pas tant l’existence d’un Etat-Providence et le niveau des dépenses publiques qui emportent que le mode d’intervention et de régulation de cet Etat. » Oh lala !!! Je m’ai trompé §§ Aïe Aïe Aïe !!!! En fait ils ne critiquent pas le système français, ils critiquent l’application française du système… Boudiou, ouf, l’honneur est sauf… Okay, donc vous avez compris.. L’Etat Providence c’est bien, mais ça doit être transparent… On doit mettre tout le monde au même niveau : que tu touches 1500 ou 15000 € par mois, tu auras les mêmes prestations, ça c’est l’égalité… Les complémentaires ? N’en parles pas c’est du ressort du choix de l’individu, ne l’oublies pas ! Notre modèle ce sont les pays scandinaves, Copy ? Norvège, 5 millions d’habitant et producteur de pétrole. Suède 10 millions d’habitants. Danemark 5 millions d’habitants….En voyant ça, oui je pense que effectivement on peut s’en sortir quand le nombre de dossier est plus faible.. Pour ceux qui rêvent encore du modèle scandinave, je conseille la lecture des policiers de l’école scandinave, justement.. H. Mankell, C Läckberg, entre autres.. Lisez et dites moi si ces pays n’ont pas de problèmes administratifs, n’ont pas de problèmes de racisme… Le modèle allemand, lisez la presse allemande, en traduction dans Courrier International.. Vous verrez que les Allemands ne sont pas si satisfaits que cela de leur système soi disant miraculeux.. Quand au modèle américain que nous suivons puisque rien d’autre n’existe, on voit, on sait ce que ça donne, ce que ça sécrète comme misère et désespérance… Ne soyez pas aussi idiots que ceux qui lisent cela en disant « tu crois que le communisme s’était mieux ? ».. Ayez l’intelligence de voir que la critique n’est pas la condamnation. Je suis heureux de manger à ma faim, d’avoir des gadgets qui me permettent de m’emmerder copieusement en ne pensant pas aux choses qui fâchent, d’avoir des vêtements, la mode etc… Je n’en oublie pas moins ceux qui sont empoisonnés par mes déchets, directs ou non, ces animaux contaminés par mes déchets plastiques, ces humains exploités pour que je vive bien… Et je ne peux rien faire.. En fait c’est ça qui mine ma confiance….

à réfléchir

Tout le monde sait que sur les réseaux sociaux on ne doit pas dire n’importe quoi. Et pourtant ça continue.. on se croit non concerné, on se croit à l’abri, on pense que le « système » a tord, que les adultes exagèrent… On pense qu’on a raison d’insulter et de répondre à l’insulte par l’insulte. C’est l’occasion de rappeler que dans un Etat de droit, la vengeance n’est pas reconnue et est illégale. Les choses doivent s’arrêter avant. La dénonciation d’insultes n’est pas une faiblesse, c’est un devoir de citoyen. Quand le mal est fait, on se bat pour sa cause, on victimise, on sanctionne, on condamne… C’est une autre chanson… C’est là que les adultes prennent le relais et que tout prend un sens qu’on n’avait pas forcément voulu au départ….

La prévention, c’est agir là où il n’y a pas de problèmes pour les éviter. Ce n’est pas chercher des problèmes là où il n’y en a pas….

L’insulte, même pour rire, n’est ni pertinente, ni légitime. Avant même de parler de racisme, parlons de la manière dont nous acceptons nos différences… Rien de plus anodin que de se moquer de sa coiffure ou de la manière dont il s’habille, dont elle se maquille, de ses gestes maniérés… c’est de bon ton, c’est partout sur les réseaux , dans les discussions des personnes parfois même les plus recommandables… Ce petit mépris ordinaire, c’est la porte d’entrée du refus de la différence que l’on retrouve dans toutes les « -phobies », les discriminations, le sexisme, et qui culmine dans le racisme.


Se retenir de mépriser, même à un degré infinitésimal, ce n’est pas à la mode, mais là encore c’est un devoir citoyen. Ce n’est pas facile : tous les systèmes religieux et sociaux essayent de réguler cela depuis que l’humain vit en société. Chaque époque son mode. Aujourd’hui, on refuse le « politiquement correct », et on peut imaginer qu’un « parler vrai » est plus authentique, plus sincère… De fait la haine s’exprime alors qu’elle ne le devrait pas.

Subir la haine, a priori il existe des outils contre cela, vous en trouverez quelques liens ci dessous…

Ressentir de la haine, a priori, on n’y peut rien.. Or c’est là qu’il faut agir : canaliser ses émotions. Si je te déteste, que dois je faire ? Te casser la gueule ? C’est moi qui vais prendre ! Mais dans certains systèmes mentaux, la haine pousse au geste, à l’acte. Et c’est même parfois l’honneur qui donne l’obligation de passer à l’acte…. La solution que nous pouvons tous prendre au quotidien, malheureusement pas tous, quand on ressent de la haine, c’est essayer de la mettre de côté… De ne pas lui laisser la première place. Se faire une raison. Mais rien dans notre époque nous pousse à maîtriser nos émotions. Au contraire, plus l’émotion est vive, plus elle est authentique, plus je me sens libre… Cette liberté là c’est la loi de la jungle. L’authenticité de l’émotion, c’est l’anti Etat de droit absolu. Une partie de la culture dont nous sommes abreuvés aujourd’hui, dans les jeux, dans les films, séries, romans, dans nos réseaux sociaux, est contraire à la vie en société. Le héros border line qui venge l’honneur en agissant là où les services sociaux ou la justice, l’administration en un mot, sont trop lents, c’est exactement ce qui tue notre vie en société… Et je n’ai pas l’impression que ce soit une spécialité de notre époque….

Dans les régimes totalitaires, l’Etat définit la morale et 100% des citoyens sont sensés être moraux et vertueux. Pour s’assurer de cela, l’Etat totalitaire surveille tous les aspects du quotidien des individus qui, de fait, n’ont plus ni droits, ni liberté. Dès qu’un individu sort des définitions, il est condamné. Dans la démocratie libérale, l’individu est libre de penser, agir selon ses désirs, sauf à respecter le droit. L’Etat est là pour faire respecter le droit, mais la liberté prime et tout ce qui n’est pas condamné est permis, de fait. Une grande responsabilité est laissée aux individus… Respecter les règles. Intervenir quand elles ne le sont pas.


A réfléchir

liens utiles entre autres :

https://www.lemagdesenfants.com/dossier-27-injure-racisme-diffamation-reseaux-sociaux-risques-enfants.html

http://egalitecontreracisme.fr/ce-que-dit-la-loi

https://www.demarches.interieur.gouv.fr/particuliers/discrimination

lecture….

Voilà quelques notes de lecture dans l’ouvrage de Chloé Morin « Le populisme au secours de la démocratie ? », Gallimard, Le débat, 2021.. Quelques passages piqués en gros au milieu du livre, pour montrer le développement de l’argumentaire. J’ai laissé de côté ce qui me paraissait de l’ordre de l’illustration pour ne garder que les grands traits de l’argumentation, les grandes étapes… Une analyse qui me paraît intéressante, à discuter, toujours !

Débat, communauté démocratique et essentialisation

p 95 « Le drame de la période actuelle est que face aux forces de dispersion et de désagrégation de la communauté nationale que représentent les identités nouvelles ou « tribus », nul ne semble plus savoir comment créer du « nous » dans recourir à l’artifice de l’essentialisation et de la désignation d’adversaires ou de boucs émissaires. »

p 100 «  La démocratie ne s’est pas construite, loin s’en faut, sur l’idée de consensus ou d’homogénéisation sociale, politique et culturelle. Dans une société du « même », nul besoin d’institutions délibératives pour mettre tout le monde d’accord, puisque les intérêts de chaque individu sont les mêmes. Dans une société homogène, il n’est pas besoin de canaliser les aspirations et les colères, de pacifier les antagonismes de classe, de religion, ou d’orientations idéologiques. La démocratie sert précisément à organiser la coexistence d’individus dont les intérêts divergent. »

p 104 « Nos institutions sont construites pour gérer une société plurielle, composée de groupes et d’intérêts divergents. »

p 105 « Tout différence, tout clivage n’est pas une menace en soi pour la démocratie. Au contraire, ils en sont bien souvent le carburant lorsqu’ils trouvent à s’exprimer de manière raisonnée dans le cadre de nos institutions. (…) le conflit politique suppose l’existence d’un pluralisme, d’une multiplicité de points de vue et d’intérêts. Mais deux avis qui s’opposent ne suffisent pas à constituer un conflit : deux individus en désaccord peuvent se contenter d’acter leur dissensus ou pire, de s’ignorer, renonçant par là à  »faire société ». Le passage de cette divergence à l’affrontement suppose de reconnaître son interlocuteur comme un adversaire avec qui engager un débat ou un rapport de force »

p 106 « Dans un monde perçu comme de plus en plus menaçant (…), mais aussi de plus en plus complexe, où il devient de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux, l’ami de l’ennemi, la recherche d’un groupe d’appartenance, d’une communauté dont on partage les valeurs et les codes, et dont on attend une reconnaissance sociale, est un réflexe primaire. »

p 107 «  de fait les exemples sont nombreux où le conflit est entretenu pour lui-même, pour cimenter un groupe, qui ne cherche pas à le dépasser puisqu’il y trouve indirectement une raison d’être. De plus en plus nos débats politiques tournent en rond (…) non pas parce que les gens seraient devenus moins intelligents ou qu’ils ne pourraient pas partager d’opinions sur tel ou tel sujet, mais bien plutôt parce que le débat ne sert pas à cheminer vers un compromis : il sert une fonction instituante pour l’individu ou le groupe dans la société. »

p 108 « … l’essentialisation remplace l’argumentation »

A propos des propos de M Valls sur les Roms en 2013 sur l’impossibilité de les intégrer en arguant des modes de vie trop différents des « nôtres » : « Sous couvert de tenir un « langage de vérité », il sort là du cadre du débat « de fond » (à quelles conditions et comment intégrer les individus qui arrivent sur notre territoire) pour se placer dans un cadre où sa résolution n’est plus possible : dès lors que deux « modes de vie » s’affrontent, c’est l’existence même de chaque groupe qui est en jeu. » p 109.

p 110 « Il ne s’agit pas de critiquer tel ou tel responsable politique de remettre en question telle ou telle orientation idéologique : tous les responsables politiques, sans exception, ont eu un jour recours à la dynamique identitaire pour construire des dynamiques d’opinion. Le problème est que, de plus en plus, ces dynamiques consolident des identités qui enferment, assignent et transforment l’adversaire en ennemi, et le débat en lutte à mort pour la survie du « groupe ». »

p 111 « … les modèles parentaux (« père fort », mère nourricière ») influencent notre rapport à l’autorité et au conservatisme politique (…) plus le style parental d’un individu est strict, plus il est enclin à percevoir les faits et les autres avec hostilité et à défendre des politiques de fermeture ou de fermeté. Par exemple, les répondants (à l’enquête menée dans le cadre de travaux de psychologie…) qui présentent un style parental strict sont 68% à estimer que l’identité de la France est en train de disparaître, soit 24 points de plus que ceux qui ont un mode de parentalité permissif. De même les premiers sont 67% à estimer que la France devrait fermer ses frontières aux migrants, soit 30 points de plus que les autres ».

p 112 « Le revers de la désignation de boucs émissaires est l’auto-désignation de « victimes ». (…) Comment construire du compromis quand on rejette absolument sa propre responsabilité ? Comment se réconcilier quand l’autre devient la source de tous nos maux, voire une menace existentielle ? »

p 113 « Pendant la catastrophe sanitaire du coronavirus, on a également pu observer une multitude de victimes autoproclamées. Comme nous sommes tous des victimes potentielles, la recherche de responsabilités est devenue une sorte de sport national sans que jamais nous nous interrogions sur nos responsabilités propres. (…) il ne se trouvait plus un seul Français pour assumer avoir voté pour les responsables politiques de tous bords* qui ont, depuis vingt ans, désarmé l’hôpital public. » *c’est moi qui souligne !..

p 114 «  Dans une société où il y a seulement des victimes ou des bourreaux, la seule logique possible est celle du ressentiment, de la frustration, de la vengeance et de l’affrontement – rien de commun ne peut se construire, aucun lien ne peut être tissé, et aucun avenir commun ne peut être envisagé. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la plupart des dynamiques politiques actuelles misent avant tout sur l’instrumentalisation de ces logiques victimaires : plutôt que de chercher à créer des élans par le rassemblement, le compromis et la projection dans un avenir commun, la plupart des programmes politiques reposent sur la désignation de victimes et de boucs émissaires. »

vacances de 1ere

Un message particulier aux premières.. Les terminales ont la tête dans les spés et les secondes ont du boulot.. Seules les classes de Premières n’en ont pas.. Et pour cause, on a bien donné ces derniers temps.. Alors : vacances !
Mouais… J’ai connu des gens tellement stressés sur les résultats qu’ils ne pouvaient pas imaginer ne rien donner à leurs élèves… N’empêche que les vacances ça s’entretient. Le juste équilibre, toujours !
Chers élèves de 1eres, je vous ai donc dit qu’il n’y avait rien à faire pendant ces vacances.. Mais je sais que parmi vous certains cherchent encore et toujours à comprendre pourquoi cette fichue moyenne n’est toujours pas franchie par leurs résultats.. D’autres se demandent pourquoi ils n’ont pas 15 de moyenne, vu le temps passé à bosser… Or donc, voilà les conseils que je vous ai donnés en cours et que vous pouvez appliquer pendant cette période de vacances. Vous n’avez pas besoin d’y passer trop de temps.. Tout ce que vous réaliserez, vous pourrez me l’envoyer, je le regarderai et je vous dirai ce que j’en pense…

1 – vous avez les derniers sujets de DS : il vous en reste 3 à faire si vous le voulez pour vous entraîner.. Pour les sujets de rédaction, en 20 minutes vous pouvez déjà faire un travail de brouillon, le plan sous forme de tableau et l’intro et la CCL… ce n’est pas cela qui va gâcher vos vacances.. Idem pour les sujets sur documents, sans excéder 20 minutes…. En tout cas faites le vraiment, sans document, sans regarder la correction…

2 – vous pouvez travailler sur les sujets suivants, qui ne sont pas formulés à la mode EC…. là encore, si vous le voulez, vous passez 20 à 30 minutes pour faire le plan et les deux paragraphes intro et CCL… A vous de voir:
A – L’apprentissage de la démocratie en France dans la première moitié du XIXe
B – Monarchie et République en France dans la première moitié du XIXe
C – Les révolutions françaises du XIXe // on peut même imaginer, soyons fou, un sujet du style « Les révolutions françaises 1789-1851 »
D – le vote, un enjeu démocratique, 1815-1852
On a travaillé ces sujets en 1ere 5 le dernier cours… On n’y reviendra pas. D’ailleurs si les 1ere 5 veulent m’envoyer leur boulot c’est faisable…C’est un exercice de méthode qui n’est efficace que si l’élève s’y investit.. Si vous voulez vous investir, vous savez quoi faire !

3 – les 1ere 3 ont eu un exercice (incomplet par manque de temps) qui consistait à construire un sujet de devoir. Voilà les documents donnés, pour ceux qui voudraient s’en divertir…. Ici vous avez la CONSIGNE et là vous avez les DOCUMENTS à utiliser…

Tout ce que vous ferez vous permettra de vous agiter les neurones pendant les vacances qui sont faites, on est d’accord, pour se reposer ces mêmes neurones… Comme tout outil, les neurones ou votre intelligence en un mot, tout cela s’use de ne pas servir, vous avez donc les moyens de ne pas vous user pendant les vacances…

Pour la rentrée, nous resterons quelques séances encore en Histoire.

a ciao

dgab

douce france

Alors que l’on a le choix en ce moment de mourir à petit feu loin de la société ou de mourir, pour une partie seulement d’entre nous, d’insuffisance respiratoire, la lecture du courrier international n°1576 peut donner un bel exemple de la place de notre beau pays, place dont nous avons du mal à avoir une idée pertinente, nous les Français…
Sur la page de gauche, un bel article allemand d’origine intitulé « Pourquoi y-a-t-il de plus en plus de Français antivaccins ? ». La journaliste de Die Zeit dresse un portrait entre deux de ces Français râleurs qui refusent le vaccin (l’article date du moment où seuls 40% de nos concitoyens voulaient se faire vacciner), tendance qui n’a d’ailleurs pas attendu le Covid puisque les Français sont souvent réticents à la vaccination en général…. Elle n’a pas l’air de s’en réjouir mais cite quand même Libération questionnant « Peut-être avons nous le peuple le plus débile de la terre.. » et précise que « les Français sont les Européens les plus méfiants envers leurs dirigeants ».. Intéressant ! On nous ressert encore une fois le couplet sur Astérix, sur ce magnifique râleur que fut Jean Pierre Bacri, bref si tu es Français, tu râles…. Oui , ok ! Sauf qu’on passe vite du râleur au collabo… Un beau dessin du grand Plantu nous le rappelait voilà 15 jours :

Je sais pas vous mais j’en ai un peu marre de ce râlisme à la française… D’abord c’est pas parce qu’on gueule tout le temps qu’on est un modèle.. Les réseaux sociaux en plus, on passe son temps à critiquer la critique de la critique et on passe à côté de ce qui peut nous faire du bien.. simplement voir le bon côté des choses… Oui on vit une époque complexe, mais avons nous des armes bien humaines pour vivre l’isolement ? Pas le véritable isolement des vieux qui restent dans leur chambre et parlent aux murs… L’isolement de rester chez soi en famille, de bosser à travers un écran, qui nous laisse sortir respirer quand même…On a les armes… Mais tellement attachés à la consommation de tout, matériel et relationnel, quand on ne consomme plus et qu’on est seul face à soi-même que l’on fuit à coup de consommation, c’est sûr, ça fait mal !
Du coup l’article de droite dans ce numéro du courrier international fait beaucoup de bien.. Article d’un journaliste italien du 1er janvier partant du principe que l’Angleterre nous quittant, on peut se délester de l’anglais !!!! « maintenant que les Anglais font bande à part, pourquoi la lingua franca de l’Union européenne devrait-elle rester l’anglais ? Cela ne vous semble pas absurde ? »… Messieurs les Français-toujours-mécontents-que-la-France-c’est-toujours-les-plus-idiots, tenez vous bien : « c’est surtout le présent qui plaide en faveur d’un retour du français à la première place des langues de l’Union.Qui est en effet le plus grand romancier vivant ? Michel Houellebecq. Qui est le plus grand historien de l’art en vie ? Jean Clair. Sont français – ou en tout cas écrivent en français : Edgar Morin, Milan Kundera, Régis Debray, Pascal Bruckner, Bernard-Henri Lévy, Catherine Millet, Alain Finkielkraut, Emmanuel Carrère, Eric Zemmour, Michel Onfray, Amélie Nothomb, Fabrice Hadjadj, mais aussi le cardinal Sarah, qui porte l’espérance catholique. ».. Bon.. la liste est pas forcément super attachante, il y en a même dans le lot qui sont assez vomitifs, mais bon…. Le journaliste glisse ensuite dans une critique italo-centrée pas très agréable… Surtout quand on aime l’Italie, sa culture, sa langue…. Mais la suite nous fait du bien : « le français d’Europe nous permettrait d’être plus crédibles : comment peut-on se dire en effet européen quand on parle la langue de ceux qui ont refusé l’Europe ? Le choix de cette langue, nous permettrait également d’être plus intelligents en nous rapprochant des esprits les plus brillants du moment. »
Oui la France a collaboré
Oui la France a massacré
Oui la France a mis en esclavage
Oui la France et les Français ont accumulé les erreurs
Mais doit-on , comme l’ambiance nous y pousse, résumer chacun à la somme de ses erreurs ? Moi, prof je dois être « bienveillant », c’est à dire regarder tout élève comme un petit poussin innocent et forcément traumatisé.. Mais la société montre à ces mêmes petits poussins que dès qu’une tache apparaît sur le blanc du drapeau c’est le drapeau entier qui part à la poubelle….Nos réseaux sociaux qui ne commettent jamais d’erreur, c’est bien connu, emportent tout le monde par la rumeur d’une erreur et condamne à l’infamie, sans autre forme de procès ???
Bienveillance ici, incorruptibilité là ? Le dernier qu’on a appelé incorruptible, c’était Robespierre.. A qui le tour ?
Reconnaître ses erreurs, c’est le B-A-BA dans notre civilisation, même avant les chrétiens et leur foutue culpabilité, d’ailleurs bien héritée des pratiques judiciaires romaines…
Existe-t-il autre chose derrière l’erreur ? Notre ambiance toute à la morale de nos Français(e)s râleurs(ses) nous plonge vers un non irréductible… Mais , bien entendu, le jour où les râleurs eux mêmes seront dans l’erreur, il faudra faire marche arrière et être bienveillant…
« Salut à toi Dame Bêtise, toi dont le règne est méconnu ».. Merci Jacques !

Où ? Who ?

Fin d’année.. Bien des choses ont changé depuis le 18 décembre 2019…
Ce qui me reste particulièrement de ces dernières semaines c’est l’espèce de spleen dans lequel les élèves nagent entre boulot, les « on a plus de vie, Monsieur ! », les choix à faire, les obstinations et les résultats, les soupirs et les endormissements… Comment te laisser dire « je vais en médecine » si, quand tu es aux taquets, tu es à 14….? Comment ne rien te dire quand on voit que tu as des capacités ici alors que tu t’obstines à vouloir faire des matières dans lesquelles tu ne réussi pas ? Comment rester de marbre quand tu fous rien de rien alors qu’on voit tant de qualités gâchées….? Pourtant, les élèves de terminales avec qui je travaille (ce ne sont pas « mes » élèves. DDHC, art 1 : « libre ») sont conscients de beaucoup de choses, du point de vue boulot, du point de vue caractère… Mais on est tous embarqués dans des discours… Discours des écoles. Discours des « spécialistes de l’orientation ». Discours des parents. Discours des professionnels… Genre « en ce moment dans telle branche, il y a du boulot, trop facile d’en trouver »… Et si tu fais partie de la minorité qui n’arrive pas à trouver du boulot dans cette branche là, si tu présentes mal, si tu sais pas te vendre.. oualou, tu passes pour un idiot !
Dans les sciences humaines, il est une manière de parler qui devrait être plus souvent entendue : celui de la « construction »… Tu te construis… Et tu construis ce que tu deviens :change de perspective, ce n’est pas prendre la file, mais construire ce que je veux être… Construire ce que je vais donner dans mon boulot… et c’est assez simple car en fin de compte (et non pas « au final ») les employeurs cherchent deux types d’employés : les esclaves et les génies… Les esclaves sont une grande proportion d’entre nous : on leur demande de faire une tâche et c’est tout, cherche pas plus… On va me dire que esclave c’est pas le mot.. ok.. Machine ? Oui parce que ce genre d’emploi c’est le candidat type pour une mécanisation-automatisation… Le « serreur » de boulons à la mode Charlot-dans-les-temps-modernes…. Le chargé de mission de n’importe quelle administration. Le/la secrétaire a qui on demande surtout d’apporter le café (chose infaisable sauf à un robot mêlant cafetière et drone…)… L’employé de banque, supermarché, centre d’appel, bureau etc… Le prof qui applique les programmes ???? Fais ton job et ferme la.. Car si tu la fermes pas, un jour, tu seras remplacé par une machine. Le prof sera remplacé par une machine ?.. ça semble impossible quand on pense à un prof qui fait vibrer ses troupes… Mais c’est drôlement plus envisageable quand le prof en question (car ce peut être le même, oui, oui…) est un super soporifique… Voilà donc le premier type d’employé que cherchent les employeurs… Le second type ce sont les génies.. C’est à dire que parfois, (oui il faut que je vous avoue, il y a moins de génies que d’esclaves) les employeurs cherchent des gens qui sont spécifiques, spéciaux, particuliers, originaux…. Et l’originalité ça se cultive. Faut il absolument se balader avec une plume dans le dos, le masque sur les yeux ou un mélange très trash de modes vestimento-comportementales…? Pas forcément. On en revient aux données de base de notre capitalisme libéral. Si l’individu est unique, cultive ton unicité… Ne cherches pas à suivre ou subir les formations qui feront de toi une machine mais au contraire, suit les formations qui vont te construire comme un individu original. Associer les maths et la physique, c’est classique. ça t’amènera à être un esclave-laborantin, un esclave-ingénieur…. Mais associer maths et arts, ça donne des combinaisons beaucoup plus originales….
D’ailleurs, les maths, c’est un règne hypocrite…. Tout le monde sautille en disant « les maths, les maths » comme ceux que de Gaulle imitait disant « l’Europe, l’Europe »… En fait de maths, et c’est ce qui provoque l’insomnie des collègues, on forme des gens sur des objets qu’ils n’auront plus à toucher par la suite, puisque on ne garde des maths, dans la vie économique, que les 4 opérations et les pourcentages…. La logique des maths appliqués dans la vie économique et sociale c’est l’équilibre budgétaire… Un peu faible pour ce qui peut être un véritable univers artistique… Tout ce qui reste des envolées vertigineuses et de l’organisation de l’univers, c’est une soustraction…
Et à côté de ça, il faut mener sa « vraie » vie : relations sociales, amicales, amoureuses, passions sportives, artistiques, intellectuelles, manuelles et surtout la vie spirituelle (affiliée ou non à une religion) ce que certains nomment la « vie intérieure »…..
N’oublions pas ce que disait le sage (évocation d’une parole d’expert toujours inexistant, argument de chiotte, mais tellement utilisé) : « Le chemin est tracé par celui qui chemine » … Entre deux exos, prenez le temps de vous redire cette phrase.. elle est pas si bête qu’elle en a l’air… Et j’en suis presque à la détourner en disant « le chemin n’est tracé que par celui qui chemine »….
Votre boulot vous le construisez dès aujourd’hui, par les qualités humaines et intellectuelles que vous avez et que l’enseignement que vous suivez vous permet de développer. Les recettes existent, mais la recette n’est jamais universelle ni absolue quand il s’agit de l’humain… L’école ne devrait servir qu’à cela : développer ce qu’est chacun, alors qu’elle est essentiellement une usine à formater, d’où le « hey ! Teacher !…. »

orientation

ECONOMIE
Pour ceux qui n’auraient pas encore trouvé des infos sur les CPGE en ECO voilà quelques renseignements rapides…. le TRES OFFICIEL….la page d’INFOPREPA et un montage rapide sur la filière ECG de chez Thotis… : ICI
Connaissez vous la prépa D1.. Il n’y en a pas des masses, c’est assez récent, mais paraît-il, ça a la côte, prépa droit-éco.. accessible avec spé Math/SES/HGSP.. à voir LE SITE

SCIENCES POLITIQUES
dans la ville-monde : PARIS, noblesse oblige
les IEP de PROVINCE, la qualité de vie en plus
BORDEAUX
, LYON et bien entendu AIX