Ukraine

dernière analyse de Boniface -25 mars :

un compromis possible ? 23 mars

La situation par Courrier international au 15 mars (extraits) à lire sur leur site  :

Pour le lieutenant général britannique James Bucknall, ancien commandant du Corps de réaction rapide allié (ARRC) de l’Otan, les troupes russes se sont éparpillées sur des fronts trop nombreux. Il doute désormais de leur capacité à prendre le contrôle de Kiev, l’assaut de cette zone urbaine nécessitant selon lui une concentration des forces pour surpasser les défenses en nombre.

Son constat semble conforté par l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW). Dans son compte rendu quotidien sur la situation en Ukraine, le think tank américain estime que l’attaque menée par les troupes russes à Kiev représente déjà “le niveau maximal d’action offensive que les forces russes peuvent mener pour finir d’encercler la ville”. L’incapacité de l’armée russe à coordonner une “manœuvre interarmées” – impliquant aussi bien l’infanterie que les divisions blindées et ses moyens aériens – serait flagrante sur le terrain.

Selon le Times, (…) la géographie difficile du territoire ukrainien a rendu l’armée russe dépendante aux réseaux routiers, ce qui facilite d’autant plus l’organisation d’embûches du côté ukrainien. La stratégie pour enrayer l’avancée russe consisterait à anticiper l’arrivée dans les zones urbaines de colonnes de véhicules ennemis, et de les attaquer au moyen d’armes antichars depuis des positions stratégiques ainsi que de drones de combat après qu’ils ont pénétré dans la zone. Constatant l’efficacité de ce type d’embuscades, les États-Unis voudraient équiper l’Ukraine en “drone kamikaze” dans le cadre d’une aide militaire de 800 millions de dollars, rapporte un autre article du Times. Le ralentissement des convois passe également par les opérations de sabotage et notamment la destruction de ponts.

ukraine 150322

Analyse de P Boniface le 14 mars

Le dessous des cartes express sur le conflit et la place de l’OTAN :

P. Boniface le 3 mars :

point le lundi 28 février

Pascal Boniface, encore, analyse dès le premier jour de l’opération russe :

la déclaration de V. Poutine sur Russia Today, où l’on comprend que l’Ukraine n’est qu’un élément de la vision géopolitique du dirigeant russe (en TEXTE puisque la source a été retirée…)

une vidéo de Courrier international pour remettre le conflit russo-ukrainien en perspective

Un peu d’Histoire :

ce qu’on pouvait en dire en décembre dernier :

La FAQ du Monde ICI
et la travail d’un collègue sur la Russie depuis l’URSS… ICI

the Guardian, 11/02/2022yaltou

sans commentaire

Je te souhaite
de ne pas réussir ta vie.
Je te souhaite de vivre
autrement que les gens arrivés.
Je te souhaite de vivre
la tête en bas
et le cœur en l’air,
les pieds dans tes rêves
et les yeux pour entendre.
Je te souhaite de vivre
sans te laisser acheter par l’argent.
Je te souhaite de vivre
debout et habité.
Je te souhaite de vivre
le souffle en feu,
brûlé vif de tendresse.
Je te souhaite de vivre
sans titre, sans étiquette,
sans distinction,
ne portant d’autre nom
que l’humain.
Je te souhaite de vivre
sans que tu aies rendu quelqu’un
victime de toi-même.
Je te souhaite de vivre
sans suspecter,
sans condamner,
même du bout des lèvres.
Je te souhaite de vivre
sans ironie,
même contre toi-même.
Je te souhaite de vivre
dans un monde
sans exclus, sans rejetés,
sans méprisés, sans humiliés,
ni montrés du doigt,
ni excommuniés.
Je te souhaite de vivre
dans un monde
où chacun aura le droit
de devenir ton frère
et de se faire ton prochain,
Un monde
où personne ne sera rejeté
du droit à la parole,
du droit d’apprendre à lire
et de savoir écrire.
Je te souhaite de vivre
dans un monde sans croisade,
sans inquisition, sans saint-office,
ni chasse aux sorcières.
Je te souhaite de vivre libre,
dans un monde libre,
d’aller et de venir,
d’entrer et de sortir,
libre de parler librement
dans toutes les églises,
dans tous les partis,
dans tous les journaux,
à toutes les radios,
à toutes les télévisions,
à toutes les tribunes,
dans tous les congrès,
à toutes les assemblées,
dans toutes les usines,
dans tous les bureaux,
dans toutes les administrations.
Je te souhaite de parler
non pour être écouté
mais pour être compris.
Je te souhaite de vivre
l’inespéré,
c’est dire
que je te souhaite
de ne pas réussir ta vie…

Jean Debruyne.

Douce France

Ce n’est pas moi qui le dit…..
Extraits d’un article du 280122 à lire sur le site de Courrier International

(…) “La France se détache de ses voisins européens avec une croissance de 7 % en 2021, la plus forte dans le pays depuis cinquante-deux ans”, écrit le Financial TimesL’Hexagone a “dépassé ses niveaux de production d’avant la pandémie”. La “vigueur de la reprise” a effacé la récession historique de 2020, quand le confinement strict de la population avait donné un coup d’arrêt à la production et à la consommation. Et c’est une “bonne nouvelle pour le président Macron”, en passe de “briguer un second mandat” lors de l’élection présidentielle d’avril, remarque le quotidien économique britannique.

“La France a repris le rôle traditionnel de l’Allemagne en tant que moteur économique de l’Europe après avoir terminé l’année dernière en beauté, tandis que l’économie allemande s’est contractée au dernier trimestre de 2021 en raison de la résurgence du coronavirus”, commente le New York Times.

(…) La forte reprise de la consommation et l’assouplissement des mesures de restriction liées au Covid-19 en 2021 ont porté l’économie tricolore, qui a été moins exposée que l’Allemagne aux difficultés d’approvisionnement, rappelle le Financial Times. Outre-Rhin, l’évolution a été inverse, souligne le New York Times“Les taux de vaccination ont pris du retard par rapport à ceux de la France”, et les mesures de restriction ont été renforcées au début de l’hiver, ce qui a freiné la consommation et conduit à la contraction de l’activité au troisième trimestre.

D’après les chiffres de l’Insee publiés le vendredi 28 janvier, la croissance n’avait pas connu une telle vitalité depuis 1969, au sommet des Trente Glorieuses. Et si la deuxième économie de la zone euro “a retrouvé son niveau de PIB d’avant la pandémie au troisième trimestre”, il est “peu probable que l’Allemagne atteigne cette étape avant le deuxième trimestre” 2022, note le Financial Times. L’échéance est encore plus lointaine pour l’Espagne.

Cette résilience française, ajoutée à la croissance plus forte que prévu en Espagne, permet en tout cas à la zone euro d’envisager de meilleurs résultats pour le quatrième trimestre (ils sont attendus le lundi 31 janvier), ajoute le quotidien britannique.(…)

leçon d’histoire …

… ou leçon de l’histoire …?

Très personnellement je suis persuadé qu’il n’y a pas de leçons de l’histoire, les choses reviennent , et je ne vais pas reprendre Marx ou Churchill pour une caution de « grand »… Voilà une exposition : du 11 décembre au 30 juin, au camp des Milles, elle s’intitule « Comment l’extrémisme veut tromper le peuple »… Au dos du flyer annonçant l’expo je lis

« mensonges répétés
généralisations abusives
violences verbales… »

Pas la peine d’aller plus loin, compagnon.. Ces choses là -qui sont pour l’expo le début de cette tromperie- nous les entendons, régulièrement… Et nombre d’entre nous les croient !!! Alors non, il n’y a pas de leçons de l’histoire. S’il y en avait, personne ne croirait ces populistes de tous bords qui veulent faire passer leur ambition sous couvert de patrie ou de tout autre argument qui sent la naphtaline.
Allez voir cette expo, vite.. Pour vous armer devant ceux qui n’ont pas compris que nous ne sommes pas dans les années 1930…

Voilà ce qu’en disait l’EXPRESS le 11 décembre, jour de l’ouverture de l’expo !

« Salut à toi Dame Bêtise, toi dont le règne est méconnu », chantait Brel… ON peut encore entonner le refrain, les populistes sont toujours dans nos campagnes… Il faudrait veiller à ce qu’ils y restent et ne débarquent pas dans les couloirs du pouvoir.. On a vu ce que ça donnait aux USA !!!

Bon repos !

histoire et identité

Quand l’actualité recouvre des réflexions de fond c’est toujours intéressant. Quand les bidouillages institutionnels traversent des polémiques zappantes des réseaux ça devient passionnant..

Je n’ai cessé de vous dire depuis la rentrée, avec l’exagération bonhomme que peut donner la cinquantaine, que je me transformais, sous l’effet de la réforme de la réforme, en animateur de divertissement historico-géographique… C’est vrai, j’ai passé 25 ans à faire plonger les élèves vers une épreuve écrite de réflexion et de mémoire… L’épreuve a été emportée par le Covid, et même si ce n’est pas vrai aujourd’hui je dois faire plein de choses avec mes élèves mais ne plus les stresser avec cette épreuve.. Mes collègues de Français et de Philo continuent leurs épreuves de 4 heures mais pas nous… Réflexe de cour de récréation, oui , bien sur ! Autour de moi la salle des profs stresse les élèves pour des épreuves lourdes, et dans mon coin, petit Calimero, je n’ai plus qu’un contrôle-continu-peau-de-chagrin… Quelle libération d’un côté ! Quelle déchéance de l’autre ! Voilà la matière que j’enseigne : un des piliers de l’école systématisée de la fin du XIXe devenu la cinquième roue de la charrette…

Mais n’en perdez pas une goutte. L’Histoire et la Géographie restent fondamentales même si on les a placardisées ! La Géographie s’affole avec le changement climatique et les vieilles lectures géopolitiques encore à l’oeuvre chez nos gouvernants, et l’Histoire est un enjeu identitaire qui fait encore se battre dans nos écrans, et parfois mêmes nos rues et nos cours de récréations… L’arrivée de Zemmour parmi les candidats potentiels à la présidentielle nous replonge dans cette thématique de l’histoire identitaire.

Voilà donc quatre références à ne pas négliger dans ce domaine, données ici dans l’ordre chronologique de publication :
Ce pays qui aime les idées. Histoire d’une passion française de S. Hazareesingh
L’Histoire mondiale de la France dirigée par P Boucheron.
Destin Français de E. Zemmour.
Le venin dans la plume. Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République, de G. Noiriel.

Notre CDI accueille le deuxième et ma bibliothèque le premier, alors que les deux autres sont consultables à l’Alcazar… Un petit banc d’essai…. 2015, 2017, 2018, 2019

un tout petit peu d’actu

D’abord ce dessin de presse venu du nord à propos de l’ambiance entre virus, vaccin et obligation… Sans s’étaler sur le sujet, disons que le débat est jalonné par plusieurs éléments…

1 – l’incapacité des citoyens de juger dans cette affaire… Les plus savants savent surtout qu’ils ne savent pas grand chose.. Les ignorants qui postent et trollent en savent assez peu pour publier de belles condamnations.. Si on veut rester un minimum honnête, moi citoyen lambda, je ne sais pas grand chose. Les arguments des uns et des autres sont suffisamment complexes pour que le débat me passe largement au dessus de la tête… Du coup les arguments du débat ne peuvent pas être scientifiques mais civiques et sociétaux. Pour moi ce n’est pas l’efficacité ou la dangerosité du vaccin qui sont en jeu, mais quelle attitude avoir dans ce ménage à trois : société-virus-vaccin

2 – la question de la liberté. Et là je ne saurais qu’encourager chacun à repérer ce qu’il met sous ce mot… Personnellement j’ai l’intime conviction de ne pas être libre. Mon psy peut m’aider à avancer vers cette liberté mais faut-il encore que je maîtrise ou que je gère mes pulsions, mes héritages, mes émotions pour atteindre une véritable liberté raisonnable. Mon ordi a depuis longtemps été vendu à des firmes trans-nationales qui me harcèlent de messages publicitaires. Mon boulot est depuis longtemps aux mains de gens qui généralement n’en savent pas plus que moi, et parfois moins, mais qui ont infiniment plus de pouvoir, en particulier celui de me foutre à la porte… Suis je vraiment libre dans ce monde libéral ? Bien sur je peux aller faire mes courses alimentaires chez le paysan du coin en espérant qu’il soit non seulement local mais également bio, que j’aie la liberté de savoir ce que je mange. Devant une épidémie, ai-je la liberté de choix ? Devant cette épidémie là surement… Devant un bon vieux choléra, ma liberté a-t-elle le temps de se poser une question ?

3 – Nous en sommes là non pas juste pour cause de Covid mais par le « système » (désolé pour cet emploi) érigé depuis des décennies : excès des laboratoires privés, corruption, décisions publiques achetées par des lobbies, jeu des avocats et autres sociétés d’assurances… Rien que de très humains mais qui touche la santé… C’est vrai que nos ancêtres n’ont pas forcément dû se confronter à ces problèmes.. Avec une espérance de vie à 45 ou 35 ans, on n’a pas le temps de se poser toutes ces questions.. Mais aujourd’hui, comme le disait Desproges il y a 40 ans, alors que la médecine nous permet de profiter de notre cancer pendant de nombreuses années, la vie est comme une assurance….Tout est devenu précaution, prévention, sécurité, autant de principes appliqués (à raison, je tiens à le dire) face aux malfaçons et autres arnaques… Il est aussi temps de retrouver notre caractère fugace, et fondamentalement humain… Et là ce n’est plus une histoire de principes très sociétaux, mais tout simplement du sens qu’on donne à notre vie…

Ouais, c’est mieux de s’arrêter là ! à vous de réfléchir !… voilà d’ailleurs un petit article brtish sur la question

La liberté est un bien commun—The Local (extraits) Stockholm —John Lichfield Publié le 27 juillet

En France, les manifestations contre le pass sanitaire se poursuivent… et prennent de l’ampleur. Pendant ce temps, la campagne vaccinale française bat son plein.
Le nombre quotidien de premières doses a doublé depuis les annonces d’Emmanuel Macron le 12 juillet, soit l’impossibilité de prendre les transports en commun sur de longues distances et d’accéder aux loisirs, à moins d’être vacciné ou de multiplier les dépistages, qui seront bientôt payants.
Si Macron voulait forcer les hésitants et les flemmards à sauter le pas, c’est une franche réussite. Au Royaume-Uni, au contraire, la campagne, qui avait si bien commencé, a désormais un coup dans l’aile.
Dans quelle mesure doit-on prendre au sérieux les manifestations d’opposition au pass sanitaire ? Commençons par quelques chiffres. Le 24 juillet, 160 000 personnes ont défilé dans plus de 200 manifestations partout en France, soit 30 % de plus que la semaine précédente. C’est moitié moins qu’au début des “gilets jaunes”, en novembre 2018.
Le mouvement a-t-il le soutien des Français ? Selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche, 35 % des personnes interrogées étaient favorables à la mobilisation. Au début des “gilets jaunes”, le soutien populaire était supérieur à 70 %. Une personne sur trois, ça paraît beaucoup, mais c’est peu en réalité dans le contexte français. Quasiment toutes les manifestations d’opposition au gouvernement – quel que soit le gouvernement, quel que soit le sujet – ont le soutien d’au moins 50 % des Français.
Argumenter. Selon le même sondage, ceux qui soutiennent les anti-pass sanitaire sont surtout affiliés à l’extrême gauche (57 %) ou à l’extrême droite (49 %), et une majorité de ces personnes s’identifient ou s’identifiaient aux “gilets jaunes” (67 %). Autrement dit, c’est en partie un mouvement anti-Macron.
Ce n’est toutefois pas aussi simple. L’opposition au pass sanitaire est forte au sein de la jeunesse, car 51 % des 18-35 ans déclarent avoir de la sympathie pour le mouvement. Ceux qui ont défilé les derniers samedis de juillet n’étaient pas tous des antivax ou des complotistes.
Le mouvement est hétéroclite. Quelques éléments isolés sont violents et plusieurs centres de vaccination ont été vandalisés. Le 24 juillet, de nombreux manifestants ont à nouveau recouru à d’odieuses comparaisons en portant l’étoile jaune qui était imposée aux Juifs pendant l’occupation nazie en France, ou en assimilant le pass sanitaire à un “apartheid”. C’est odieux mais c’est aussi idiot. Les Juifs ne pouvaient pas choisir de ne pas être juifs entre 1940 et 1944. Les Sud-Africains noirs ne pouvaient pas choisir d’être blancs. Le fait que ces personnes aient été juives ou non blanches n’était pas une menace pour le reste de la société.
Par ailleurs, certains manifestants ont opposé des arguments cohérents à la stratégie de Macron.
N’oublions pas qu’avant juillet Macron lui-même était contre la vaccination obligatoire. Citons plusieurs des arguments avancés :
“C’est une attaque contre les libertés fondamentales… Notre corps nous appartient… Si on ne réagit pas, on perdra d’autres libertés…”
“Pourquoi est-ce que les jeunes doivent se faire vacciner alors que le Covid n’est pas un danger pour eux ?”
“Si l’obligation vaccinale n’était pas justifiée jusque-là, pourquoi l’estelle aujourd’hui alors que beaucoup de gens sont déjà vaccinés et que les nouveaux variants ne provoquent pas tant de cas graves et de décès ?”
Au moins, ces arguments relèvent du rationnel. Ils méritent des réponses. Et c’est ce que semble faire le gouvernement : différencier les manifestants raisonnables des cyniques et des forcenés. Le gouvernement doit faire entendre ses contre-arguments, plus fermement et plus intelligiblement. Le philosophe Michel Onfray (qui est loin d’être un sympathisant de Macron) souligne que le refus de la vaccination n’est pas uniquement un choix individuel, car il a des conséquences pour nous tous.
En France, une dizaine de vaccins sont obligatoires. Ces règles sont déjà une “attaque contre la liberté individuelle”. Un peu comme la ceinture de sécurité. Nous allons vivre encore des mois, voire des années, avec le Covid-19 et ses variants. S’il faut se réjouir que 60 % des Français aient reçu une première dose, ce chiffre n’est pourtant pas suffisant. Il faudra probablement 90 % de vaccinés pour atteindre l’immunité collective. S’il y a de moins en moins de décès et de cas graves, il reste un grand nombre de Covid longs, qui risquent de laisser des séquelles à vie – même chez les jeunes.
Macron aurait-il dû rendre obligatoire la vaccination contre le Covid, tout simplement ? Peutêtre. Mais son compromis proposé aux non-vaccinés est raisonnable : “Vous refusez d’être protégés et c’est votre choix. Nous choisissons de ne pas être confrontés à vous dans les espaces clos.”
À mon avis, les manifestations vont continuer. Les farfelus, les jusqu’au-boutistes et les manifestants du dimanche défileront indéfiniment. Les personnes plus modérées, plus raisonnables, passeront à autre chose.

Tout autre chose…. Voilà de quoi faire un point rapide sur ce qui se passe en Afghanistan :

Pour ceux qui veulent creuser un peu la question de l’Histoire, voilà une chaîne you tube à ne pas rater : A SUIVRE . Gérard Noiriel est la tête d’affiche de ce collectif DAJA qui cherche à diffuser la notion d’histoire populaire et faire le lien entre la science historique et les réalités sociales et artistiques. Cet historien est à l’origine de la redécouverte de l’histoire du clown Chocolat porté à l’écran par Roschdy Zem et Omar Sy en 2016. C’est la face cachée de l’iceberg… Comme tout dans notre société, quand on s’approche des feux de l’actualité le public te croit débutant, or noiriel est un historien largement reconnu pour son travail imposant sur les ouvriers aux XIXe et XXe, ce qui l’a amené également à s’occuper de la question des migrations, de l’immigration, et de l’intégration.

lectures d’été

Incontournable, encore… Vous vous voyez bien agir dans les milieux décisionnels, économiques ou politiques…? Ce livre est votre bible : il décrypte à merveille cette « langue de bois », comprenez ces tournures et ces phrases qui ne veulent rien dire, qui sont là pour prendre la place, occuper l’espace… Éléments de langage, mots à la mode, circonlocutions, tout y est, y compris les récupérations langagières venues de l’étranger.. Le dernier en date est l’ « impact » que l’on trouve partout et à toutes les sauces.. Auquel il faudrait rajouter « anxiogène », « bien-être », « bienveillance »… etc … Une belle performance ancienne (2009), très marquée par la pratique de N. Sarkozy, J. Chirac et F. Mitterrand… ça tire dans tous les sens : devant la langue de bois il n’y a ni gauche ni droite… La langue de bois dissimule.. Oui, mais quoi ? De l’ignorance, assez souvent. Mais surtout ce que l’on ne peut pas dire.. Un responsable ne peut pas dire qu’il a commis une erreur.. Impossible ! Or devant le journaliste qui a chaussé les pieds de la vérité (là encore on est dans du politiquement correct car le journaliste fait son boulot, comme tout le monde.. il pose des questions emmerdantes pour pouvoir dire aux lecteurs-spectateurs que le responsables en question ne sait rien et les prend pour des cons, d’où le succès assuré du journal… Scoop !) qui le harcèle pour qu’il dérape, l’homme responsable-politique ne rompt pas la discussion.. Il en rajoute, il tourne autour du pot, jargonne parfois… Mais alors.. ? Tous pourris ??? Question populiste et démagogique ! Le responsable est forcé d’en arriver à la langue de bois. Parce qu’il ne peut pas avouer certaines imperfections, certaines motivations, certaines erreurs. Parce que quand on est responsable, on plonge dans le compromis, voire la compromission… D’où qu’on soit.. Autrement dit, cette langue de bois n’est pas la caractéristique du pourrissement des responsables ; c’est un trait de la responsabilité… La langue de bois c’est user du langage pour dissimuler ce qu’on pense, car on ne peut pas dire ce qu’on pense à tout le monde.. ça me paraît évident. On comprend les populistes qui critiquent le système et se présentent eux-mêmes comme anti-langue de bois… Mais bon ..! De ce que j’ai vu des leaders populistes, de droite ou de gauche, et plus encore dans les extrêmes, ils sont des êtres politiques comme les autres, donc ils adoptent la langue de bois. Désillusionnez vous, déniaisez vous rapidement ! La langue de bois est un sport qui est vieux comme la politique… Politique, polis, cité, démocratie, Grèce, programme de 6eme ! Dès les débuts de la politique, des penseurs ont sorti des manuels techniques de langage politique.. Regardez la Rhétorique d’Aristote, les Institutions oratoires de Quintillien… A l’Assemblée comme au tribunal, on est au talk-show.. Il s’agit d’avoir le bon mot, la bonne répartie, ne pas dire tout en ayant l’air de le faire, recourir à l’émotion.. Bref tout ce qu’on nous balance à la figure comme « décadence du système », c’est un vice initial.. Ne cherchez pas , ce sont les règles. Les Révolutionnaires vous promettront de faire table rase de tout ça.. avant d’y retourner ventre à terre.. L’exemple soviétique est suffisamment parlant… En bref, si vous êtes naïf-ve (encore faut-il se l’avouer), si vous êtes idéaliste et crédule et que vous voulez partir en science Po, réfléchissez 10 secondes : soit vous vous déniaisez à vitesse grand V et ce livre peut d’ailleurs vous aider, soit vous n’y arrivez pas et il vaut mieux essayer de faire carrière ailleurs, car les règles de la vie politique sont aussi violentes dans les fictions que dans la vraie vie…. Cool !
Maintenant, réfléchissons… Quand un prof, à court d’argument ou parce qu’il a la flemme d’en chercher écrit « Peut mieux faire ».. Qu’est-ce que ça veut dire ??? Et le « ça va ? » lancé tellement vite qu’on y attend aucune réponse… Langue de bois, élément du politique ? Ouais, mais sans doute humain avant tout….
Ce petit bouquin de Delporte, une véritable mine…
A l’Alcazar ! Vite !

Si vous aimez la chaîne you tube en question, vous trouverez dans ce livre une bonne partie des textes des vidéos. Ludique si on veut, ça fait un peu nunuche, comme toutes ces vidéos qui ont ça d’ambition auprès des plus jeunes. Donc c’est accessible. Mais le souci c’est que ce n’est pas bien structuré, sauf par chapitre-thème…. Vous y retrouverez les biais cognitifs comme Bronner les présente, mais abordés d’une manière simple… Les biais cognitifs vous ne connaissez pas ??? C’est toutes les petites choses qui s’immiscent dans nos esprits quand on essaye de comprendre les choses, de discuter, de répondre aux questions qu’on se pose… Toutes ces petites choses qui nous font nous planter comme des bleus… Si vous voulez creuser, associez le livre et les vidéos. On le trouve même en téléchargement sur les interwebs….

Pour ceux qui croient encore (les pauvres d’esprit) que l’histoire n’est que succession indigeste de dates, voilà un truc que vous ne lirez pas avant 50 ans… Alors prenez de l’avance, ce livre, son pitch, c’est du dingue à chaque page.. Ce mec se met à étudier la FATIGUE…. O pitalugue on n’a pas fini de se fatiguer à lire la fatigue… N’empêche, le Vigarello en question se débrouille bien pour mettre en évidence cet objet historique pas toujours identifié.. Regarder ce que je vois aujourd’hui dans le passé… Comme si on pouvait se préoccuper de la fatigue avant l’industrie et la psychologie ultra présente…

Pour en avoir une petite idée, regardez ça.. ça ne dure pas longtemps et ça vous apprend comment on devient historien alors qu’on est pas parti pour ça.. ne manquez pas ces quelques minutes de culture à l’état brut… SUR ARTE… A voir à l’ALC et même en exemplaire numérique !

Un petit coup de mistral dans la tête de ceux qui applaudissent jour après jour à notre belle mondialisation et à ce génie chinois qui nous permet d’acquérir tellement de biens pour si peu d’euros. La lecture de ce bouquin est édifiante. Non que tout y soit parfaitement établi.. On peut même lire de belles approximations délirantes sur le rôle pacifique de l’Église en occident au moyen âge (oublier les croisades, ça ne se fait pas !).. Mais ça c’est du détail par rapport à la masse de choses que ce livre nous apprend.
On y voit un monde lentement mais surement englouti par la Chine qui utilise avec beaucoup de pragmatisme et de cynisme les règles occidentales pour s’immiscer à peu près partout. La Chine a réussi à se rendre indispensable, incontournable en achetant les différents acteurs. On ne peut rien contre un gars qui arrivent avec deux valises pleines de dollars !!!! L’occident ne peut plus rien contre la Chine. Les belles idées économiques ont entraîné tout le monde en Chine. On préfère faire travailler les chinois que nos ouvriers… c’est moins cher ! L’appât du gain a raison de tout : la morale, la nation et toute forme d’honneur !
Belle contribution au naufrage de l’occident dans bien des domaines, ce livre est fondamental pour garder les yeux ouverts… Oui tout n’est pas négatif… Bien sur on peut réagir… Et ça commence par la lecture de ce bouquin qui date de 2019, donc écrit sur les données des années 2010… Et depuis, la Chine continue !!!!

A lire vite.
A l’Alcazar, aussi !

des idées

quelques références pour essayer de comprendre le rôle des idées :

Déchéance de rationalité, G BRONNER, 2019.

Cet auteur est à suivre. Sociologue, il décrypte de manière sublime notre époque et nos comportements… Il en a d’autres comme La démocratie des crédules, 2013 qui devrait être le manuel d’éducation civique dans les lycées… Ce qui ressort de ces lectures, c’est d’abord ces différents biais cognitifs qu’il met en évidence face à la contagion des conneries qui circulent, rumeurs, fake, complotisme et tralala. Le dernier bouquin sort de son expérience dans une institution cherchant à lutter contre la radicalisation, sortie des attentats des années 15 et 16… On touche tout à la fois les rigidités institutionnelles, la pauvreté de raisonnement des institutions comme des radicalisés, mais aussi on voit bien que quand on ne donne rien à l’individu pour avancer, il n’avance pas… Liberté de choix, OK. Mais même le choix, ça s’apprend, ne serait-ce que pour conscientiser les critères… (Ah l’art des choix comme on dit à Privas) Il fait une belle incursion du côté de ce que veut dire croire… Lire Bronner c’est une bonne leçon d’EMC. Une bonne partie de son oeuvre est à l’Alcazar !

Vers l’égalité ou au-delà ? Essai sur l’aube du socialisme par L. FROBERT, 2021

Ce petit livre des éditions ENS (Normale Sup de Lyon) nous replonge dans les années 1830-1840, bien avant Marx, Mélanchon, les soviétiques, les écolos et les délires post mitterrandiens d’une gauche en déliquescence à l’heure du tout pragmatique-libéral-individuel… On se désole vite quand notre champ de vision se limite à notre nombril. L’intérêt (je ne dirais pas « l’utilité ») de l’Histoire est de nous faire connaître ce qui a été fait, dit, pensé avant nous. Et quand on se laisse prendre à la lecture des Anciens, on arrive à relativiser les drames en cours… ou les vacuités à l’oeuvre… L’absence d’imagination politique actuelle fait peur. Que nous est-il proposé, soyons honnêtes… A droite, il s’agit de jouir, en tout bien tout honneur… Croissez et enrichissez vous, peu de différences entre Sarkozy et Guizot, somme toute… Faire son beurre, profiter, consommer, vivre bien et honnêtement, ça se respecte… Il y a assez peu de perspective, sauf pour ceux qui cherchent.. Les autres n’ont qu’à construire leur vie comme ils le peuvent. Dans le fond c’est peut-être ça le bonheur. « Business as usual » ! Cette vision là est étayée par l’échec des stratégies collectives. Et à gauche que nous propose-t-on ? Ben rien de plus ! Ah oui : réagir ! Il FAUT… (ajoutez toutes vos revendications…). L’ETAT  DOIT (idem)… Il n’y a plus un projet à gauche. La construction d’un monde du DD n’est pas de gauche.. Derrière celui-ci s’emboîte des perspectives respectueuses des uns et des autres… La gauche a oublié ses fondamentaux, et ce livre nous les rappelle. La gauche ne construit plus de société, elle rame derrière les avancées de la droite, du capitalisme et du progrès technique.. ça va trop vite.. La gauche pense à partir de principes.. Mais ceux ci deviennent obsolètes quand ils ont été construits, car réagissant aux nouveautés d’hier, logique ! La richesse idéologique de ce début du XIXe jette une drôle de lumière sur notre début de XXIe siècle très faible, très peu inventif… Les idéaux de gauche sont pourtant présents, je les vois tous les jours dans les pubs : solidarité, fraternité, aide aux plus démunis.. Tout ce qu’on appelle en les dénigrant les « bons sentiments », ce sont eux qu’on attend en fait.. Voir des gens sourire, être accueilli, avoir un contact aimable, bref une société fraternelle en un mot.. Elle est dans les pubs qui nous vendent des machins fabriqués par des machines ou des gens mal payés…. Et puis, il faut bien le dire la gauche est condamnée : socialisme, communisme ont échoué et , naturellement, tout ce qui a échoué est fondamentalement mauvais : l’histoire n’est pas meilleur juge… Le nazisme était mauvais : condamné. Le communisme était mauvais : condamné… Pour toute personne ne voyant pas plus loin que son groin, c’est une évidence… Posez vous la question : la démocratie a été condamnée par nos Pères politiques, Voltaire et Montesquieu… Donc ? Nos démocraties sont bâties sur les principes de ces gens là qui ont condamné la démocratie.. Tout va bien ? Pour ceux qui commencent à comprendre, ce petit bouquin dresse le portrait d’une époque, le début du XIXe, presque à 200 ans d’ici, au moment où se construit notre société industrielle. Investissements, nouveautés, croissance, on se croirait dans un monde parallèle… Les pauvres sont là aussi, alors que la richesse éclate.. Monde parallèle : aujourd’hui les pauvres sont là ici, mais sans boulot… Les « prolétaires », ils sont en Asie du Sud Est… Et dans notre Europe des années 1830-1840, boursouflée d’orgueil technicien et évolutionniste, qui sécrète un racisme ordinaire parce que seuls les Blancs arrivent à connaître cette nouveauté industrielle, le libéralisme est maître. Monde parallèle ? Je reviens à ce petit bouquin qui raconte le début des « socialistes »: un Pierre Leroux déclare tout de go qu’il a inventé le terme SOCIALISME pour équilibrer le développement fulgurant de l’INDIVIDUALISME… Et là on ne peut pas ne pas se poser la question.. Pourquoi ceux qui nous dirigent, pourquoi nos contemporains n’ont-ils pas fait plus d’histoire…? Pourquoi croire qu’une vieille recette (le libéralisme) qui nous a mené à la guerre à plusieurs reprises serait la bonne solution ? Pourquoi quand je pose cette question avez vous le réflexe idiot de penser que le suis communiste, stalinien, mélanchonesque ? N’y a-t-il dans votre réflexion politique que le profit libéral ou le totalitarisme communiste… Le capitalisme libéral tout blanc et le communisme rouge sang…? et rien entre ??? Alors comment appelez vous cette société de la toute-surveillance informatique qui naît sur nos principes libéraux… la liberté ???  Ne savez vous vraiment pensé qu’en termes d’opposition individuel-collectif, alors que l’histoire du monde nous montre que les deux coexistent, et pas souvent avec bonheur, et que c’est même une des caractéristiques de l’humanité de toujours hésiter dans cette médiation entre individuel et collectif..? Autre opposition de laquelle il faudrait arriver à s’extirper : pragmatisme et utopisme.. Quand on est l’un on ne peut pas être l’autre… Le principe de réalité nous fait accepter la situation… L’utopie est la seule force qui peut nous en sortir et amener la réalité à avancer… Oui ! Même chez les capitalistes, puisque c’est cette tendance à faire du profit qui permet les investissements, comme les faillites.. Avoir toujours plus, c’est une utopie qui devient réalité en milieu capitaliste… De même l’utopie d’avoir un objet qui me met en lien avec tous mes amis a permis des richesses fabuleuses aux concepteurs de smartphones.. Alors pourquoi discréditer l’utopie alors qu’elle nous fait avancer ??? Mais dès qu’il s’agit d’utopie politique, il n’y a plus personne. Il faut vite condamner… Alors, et toujours pour les quelques uns qui sont encore là et qui ont compris, lisez ce petit bouquin d’histoire et d’histoire des idées. Voir éclore des pensées du collectif, dans toute leur variété, dans un moment de grande croissance industrielle et de grande confiance dans le progrès, c’est tout à fait stimulant pour percevoir aujourd’hui…. A l’Alcazar
… et si vous voulez toucher cette société capitaliste dans ses aspects sombres, je vous conseille S. SASSEN Expulsions, Brutalité et complexité dans l’économie globale, 2016 ou N KLEIN No Logo, 2002 et surtout Le choc des utopies, Porto Rico contre les capitalistes du désastre, 2019

Ce pays qui aime les idées. Histoire d’une passion française par Sudhir HAZAREESINGH – 2017

Un bouquin qui fait du bien à lire, quand un anglais se met à admirer la culture française ça vaut le détour… En plus on apprend pas mal de choses et on n’arrive plus à dénigrer notre pays bien aimé… Voilà ce qu’en dit un CR internet rapide :

Les Français seraient arrogants, présomptueux, ingouvernables… Mais ne seraient-ils pas, avant tout, de grands amoureux des idées?
Au fond, à quoi reconnaît-on la pensée française? Sans doute à son inextinguible vitalité : si les Français donnent l’impression de ne jamais débattre sans se disputer, c’est qu’ils ont l’exercice de la controverse trop à cœur ; s’ils passent pour des donneurs de leçons, c’est qu’ils aspirent à l’universel, au point de s’en estimer seuls garants ; s’ils sont râleurs, anarchiques et prompts à la révolte, c’est qu’ils ont l’esprit critique chevillé au corps ; s’ils se croient supérieurs, c’est qu’ils ont le goût de l’abstraction, l’art d’inventer des concepts qui séduisent au-delà des frontières – le socialisme, le structuralisme, l’existentialisme, la déconstruction, le mot même d’intellectuel. Enfin, s’ils exigent tant de leurs hommes politiques aujourd’hui, c’est qu’ils sont nostalgiques de leur grandeur passée et qu’ils refusent d’abdiquer.
Catalogue passionné des spécificités de la pensée française, ce livre nous décrit mieux que nous ne saurions le faire, en même temps qu’il nous pousse à interroger nos inquiétudes face à l’idée de notre déclin.

racisme et autre

030121.. fin des vacances lectures…
Un petit dernier pour la route…..d’abord cet extrait : Tania de Montaigne, L’assignation, p 18, Grasset 2018.
Voilà notre château hanté. Voilà les fantômes qui nous habitent. Ils parlent à travers nous, ventriloques invisibles. Sommes-nous racistes ? Bien sûr. Nous parlons tous la Race couramment, elle est notre langue maternelle depuis des siècles. Pourrions-nous ne pas l’être ? Bien sûr. Mais la tâche est ardue et le temps presse. Partout dans le monde, les rapports se tendent et se crispent avec cette idéologie pour toile de fond. Partout dans le monde, les nationalistes mettent des mots simples et rassurants sur cette peur de l’Autre qui nous habite malgré nous. Ils disent : « Tu as raison d’avoir peur ». Ils disent : « Je te comprends, ils ne sont pas comme nous. » Ils disent : « Quand ils ne seront plus là, nous irons beaucoup mieux. » Ils disent aussi : « Tu ne sais pas qui tu es, mais moi je le sais pour toi. » Et on les croit et on les élit. Ils disent : « Ton problème c’est les Mexicains », « Ton souci c’est les Noirs », « les Arabes », « les Juifs », « les Roms », « les Rohingyas », « les Yézidis »…. Et, face à eux, les communautaristes répondent en miroir, utilisant la même langue, le même dictionnaire. Chez les communautaristes, on ne dit pas un Français noir, mais un Noir de France, un Juif de France, un Musulman de France… La Race d’abord. Et on ne dénonce le Racisme que lorsqu’il touche la communauté que l’on pense représenter, faisant, tout comme les nationalistes, de l’antiracisme à géométrie variable. Ils disent : « Puisqu’on attaque les Noirs, restons entre Noirs. » Ils disent : « Ne discutons qu’entre Juifs. » « Ne pensons qu’entre Musulmans »… Comme les nationalistes, les communautaristes rêvent d’un monde où la Race mettrait de l’ordre dans la complexité des rapports humains. Les Musulmans avec les Musulmans, les Juifs avec les Juifs, les Noirs avec les Noirs… Ils disent « appropriation culturelle », « racisés », « insensibilité culturelle »… Ils disent « Tu parles comme une Blanche », « Tu n’es pas un vrai Noir », « pas une vraie Juive », « pas un vrai Musulman »… Communautaristes et nationalistes sont pris au piège de la Race, et nous avec…. à rapprocher avec ceci : IMAGE ou en VIDEO
….
et après Jaurès, voilà Chirac, en 2001 :
« Nous avons saigné l’Afrique pendant quatre siècles et demi, commença-t-il. Ensuite, nous avons pillé ses matières premières ; après, on a dit : ils (les Africains) ne sont bons à rien. Au nom de la religion, on a détruit leur culture et maintenant, comme il faut faire les choses avec plus d’élégance, on leur pique leurs cerveaux grâce aux bourses. Puis, on constate que la malheureuse Afrique n’est pas dans un état brillant, qu’elle ne génère pas d’élites. Après s’être enrichi à ses dépens, on lui donne des leçons. » extrait d’un article sur le bilan Chirac en 2007 dans LE MONDE

181220… vacances lectures
quelques références récentes sur la question du racisme :
Lilian THURAM, La pensée blanche, P. Rey, 2020
Aurelia MICHEL, Un monde en nègre et blanc, Seuil, 2020
Eeni EDDO-LODGE, Le racisme est un problème de blancs, Autrement, 2018
Tania de MONTAIGNE, L’assignation, les noirs n’existent pas, Grasset, 2018
Tania de MONTAIGNE, Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin, Grasset, 2015
moins récents…..
Aimé Cesaire, Nègre je suis, nègre je resterai, Albin Michel, 2005
Tahar BEN JELLOUN, Le racisme expliqué à ma fille, Seuil, 1999
Frantz FANON, Les damnés de la terre, 1961
En lisant le livre de Tania de Montaigne sur Claudette Colvin, on retrouve l’ambiance décrite par Fanon dans les damnés de la terre. L’un porte sur les noirs américains dans les années 1950, l’autre décrits l’état des populations colonisées à peu près au même moment. Le lien entre esclavage-colonisation-racisme apparaît de plus en plus, surtout à la lecture d’A. Michel. Les différences se cristallisent dans une construction sociale de l’exclusion. Quand on vit dans l’exclusion (quel que soit le côté du mur) on a du mal à imaginer qu’il fut un temps où le mur n’existait pas, et que la vie peut exister sans mur…