Bertrand BADIE

Un auteur pareil c’est une production annuelle à suivre.. Il apparaît régulièrement dans les radios, les télés etc… Son dernier ouvrage (oct 2019): « l’hégémonie contestée » (pas encore lu )….

Trois ouvrages récents (et empruntables) :

1 – Vers un monde néo-national, CNRS éditions, 2017… un échange entre B Badie et M Foucher… C’est un peu le derby géopolitique…. un peu dense car c’est de la discussion entre spécialistes.. Voilà quelques extraits surtout en rapport avec les Frontières : NT BADIE FOUCHER monde néonational

2 – Nous ne sommes plus seuls au monde
Un autre regard sur l' »ordre international »
La Découverte, Paris, 2016

Bertrand Badie est connu pour avoir fixé aux traités de Westphalie de 1648 cette nouvelle étape dans les relations internationales créant le système interétatique encore visible aujourd’hui.

extraits sur ce sujet….

p 11-13
On ne peut pas comprendre l’évolution confuse et les avanies du système international de ce début de XXIe siècle, sans d’abord saisir à quoi il a succédé (…)
Jusqu’à la fin du Moyen-Age cohabitaient en Europe et ailleurs, des constructions impériales, des monarchies traditionnelles, mais aussi des cités-États (…) Les relations avec les voisins, les rivaux et les compétiteurs existaient certes, mais étaient laissés dans l’ombre du point de vue politique et juridique.
Or c’est précisément par deux actes juridiques de nature inédite, les traités de Münster et d’Osnabrück, mettant fin en 1648 à la guerre de Trente ans et fondant ce qu’on appellera la « paix de Westphalie », que la quasi-totalité des États européens vont négocier ensemble un type d’ordre qui ne disait pas encore son nom, mais qui ressemblait déjà à un premier système international.(…) La sortie de la guerre de Trente Ans a défini le futur principe de base de toutes les diplomaties du Vieux Continent : s’efforcer de penser et de construire un espace vivable, substituant à l’ordre impérial et à celui de la chrétienté universelle, les souverainetés juxtaposées d’États territoriaux (…) Il ne s’agissait pas seulement d’instaurer collectivement un ordre, mais de mobiliser explicitement des principes nouveaux pour le constituer, et de définir des catégories juridiques qui serviraient de fondement au système international en formation (…) La paix de Westphalie a été la première négociation formellement multilatérale de l’histoire (…)
Quelles sont ces normes nouvelles ? (…) D’abord le principe de SOUVERAINETE, établissant que nul État (…) ne peut être obligé par « plus grand, plus petit ni égal de soi » (Jean Bodin, Les six livres de la République, 1576). ensuite le principe de TERRITORIALITE dont l’accessoire fondamental est la définition claire et univoque du concept et de la réalité de la FRONTIERE, mais, plus encore, l’idée que le politique n’existe qu’à travers la compétence territoriale qui dessine sa réalité. Enfin on voit s’installer un début de formalisation du principe de la NEGOCIATION INTERNATIONALE.(…)
Ces innovations vont peser lourd sur l’avenir et expliquent cette part d’arrogance des héritiers européens de la paix de Westphalie. Pour ceux-ci, la cause est entendue : ils sont bien les inventeurs de cet ordre international qu’ils croient vivace, voire de l’idée même d’ordre international. Par la domination qu’ils exerceront dans les siècles suivants et en particulier au XIXe siècle par le biais du colonialisme, cette conception issue de Westphalie va s’imposer au monde entier.

un compte rendu sérieux et rapide :
https://www.iris-france.org/note-de-lecture/nous-ne-sommes-plus-seuls-au-monde-un-autre-regard-sur-lordre-international/

et selon Nicolas Appelt du Monde Diplomatique
A partir de thèmes comme l’impuissance de la puissance, l’irruption des sociétés sur la scène internationale ou la diplomatie de « clubs », le politiste Bertrand Badie dresse un constat sans appel sur la vision occidentale de l’ordre international. Ses fondamentaux en seraient la fabrication d’exclus, le sentiment d’égalité entre membres des oligarchies et un jugement moral sur les pays « déviants ». Il fustige la « paresse intellectuelle » qui empêche la compréhension des relations internationales à l’aune de la question sociale, les conflits découlant d’une « décomposition sociale » aux conséquences mondialisées. Particulièrement éclairant est le chapitre consacré à la politique étrangère de la France, qui, dès 2003, a opéré un virage néoconservateur se traduisant par un « interventionnisme croissant » et par une « diplomatie de la punition ». L’auteur propose des pistes pour une « politique de l’altérité » reposant, entre autres, sur la « revendication du droit de chaque Etat à concourir de façon égale à la définition de la mondialisation ».
pour finir, la page de France Culture : https://www.franceculture.fr/oeuvre/nous-ne-sommes-plus-seuls-au-monde-un-autre-regard-sur-lordre-international sur laquelle vous retrouverez un résumé rapide de l’ouvrage suivant :

3 – Quand le sud réinvente le monde
Essai sur la puissance des faibles
La découverte, Paris, 2018
un compte rendu :
https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/26/bertrand-badie-dans-tous-ses-etats_5374794_3232.html

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