veau, vache, cochon…

Sur le site de JLL qui fait du conseil, des rapports, bref qui cuisine notre capitalisme bien aimé :

Notre conception de la production des biens et de leur distribution baigne dans une idéologie mondialiste, expansionniste et mercantile. Conditionnés par une culture de croissance sans fin et son mantra « No Border », nous avons construit un modèle économique qui dissocie opérationnellement la production et la distribution.

C’est dans ce contexte, qu’à la préoccupation écologique et sa contreculture de la décroissance, est venue se rajouter des considérations sanitaires dont la gravité pandémique n’épargne aucune région du monde.

Ce cocktail a servi de révélateur à une situation connue, mais que curieusement nous semblons découvrir aujourd’hui avec effarement. C’est bien 80% de notre consommation qui vient d’une région lointaine dont nous ne contrôlons rien. Que face à l’urgence, nous dépendons entièrement d’un ou deux pays pour des produits aussi vitaux que des médicaments et des équipements sanitaires de base.

Nous étions convaincus d’avoir organisé la planète avec une supply chain (= chaîne logistique) sans faille et millimétrée pour inonder nos marchés de marchandises et d’équipements. Comme après une fête trop arrosée, nous nous réveillons groggy, en constatant que la mondialisation heureuse est à 30 jours de bateau et qu’elle n’est qu’une mécanique improbable. Elle s’est dézinguée en quelques semaines et le suspect est un petit mammifère insectivore recouvert d’écailles. Nous vivions dans une abondance désinvolte et insouciante. Nous devons aujourd’hui gérer la pénurie et dans son sillage des comportements de peur et de panique.

Nous sortirons de cette situation. Mais que ferons-nous le jour d’après ?

A l’urgence du court terme de relancer notre économie, se rajoutera nécessairement une réflexion sur les défaillances et in fine les faiblesses de notre modèle. Rien ne sera plus comme avant nous dit-on. Si c’est bien le cas, il ne faudra pas renouer automatiquement avec la facilité du « business as usual », mais réfléchir à un modèle alternatif ou au moins profondément transformé. La tâche est immense et difficile, tant elle nécessite de changer tout un univers mental. Il ne suffira pas de trouver quelques recettes supplétives d’appoint, mais de bouleverser notre paradigme actuel.

Certains promoteurs du développement durable soutiennent depuis longtemps que seul un choc et une vraie catastrophe humanitaire peuvent changer notre mode de pensée et notre modèle. La tragédie et sa cohorte de morts que nous traversons actuellement pourront peut-être nous y conduire. Mais il faudra rester lucide, en séparant ce qui relève du court terme et ce qui relève du moyen terme.

https://www.jll.fr/fr/views/quelle-supply-chain-apres-le-coronavirus

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